Dernière heure

18 octobre 2017

La Parc olympique de Montréal : Un site à valeur patrimoniale?

Le 29 septembre dernier, Docomomo Québec dévoilait les résultats de l’étude patrimoniale des installations du Parc lympique de Montréal, un document commandé par la Régie des installations olympiques (RIO) et dirigé par France Vanlaethem, professeure émérite à l’École de design de l’Université du Québec à Montréal et présidente fondatrice de Docomomo Québec.

Fruit d’un travail de recherche entamé au printemps 2015 et faisant suite au rapport du Comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique, l’étude a mis en lumière quatre valeurs patrimoniales associées au Parc olympique :

  • Une valeur historique reliée à l’importance historique des événements qui se sont tenus sur le site, en particulier les Jeux d’été de la XXIe Olympiade de 1976;
  • Une valeur architecturale basée sur le caractère unique des installations du Parc, avec un concept à la fois privilégié et novateur du point de vue technique, ainsi que sur la notoriété de son concepteur, l’architecte Roger Taillibert;
  • Une valeur urbaine mise de l’avant par le quadrilatère récréatif unique que forme le Parc à l’est de Montréal et son rôle joué dans le rééquilibrage du développement de la Ville vers l’est;
  • Une valeur emblématique, marquée par le repère visuel et symbolique que constituent aujourd’hui le Stade et sa tour.

Cet ouvrage représente, sans aucun doute un document de connaissance et de reconnaissance de l’intérêt patrimonial du Parc olympique, confirme les recommandations formulées à la suite de la conférence publique « Le patrimoine olympique et ses fonctionnalités contemporaines ». Cette conférence, que nous avions organisée le 6 novembre 2016 en partenariat avec la RIO portait sur la nécessité d’attribuer un statut patrimonial au Parc olympique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec et de formuler un plan directeur garantissant la prise en compte de l’ensemble des dimensions patrimoniales du site.

Pour consulter l’étude patrimoniale, cliquez ici.

21 septembre 2017

Viaduc Van Horne-Rosemont : Renouveler le regard

Longtemps perçu comme une barrière suspendue entre les quartiers du Mile-End et de Petite-Patrie, le viaduc Van Horne-Rosemont s’apprête à se transformer en une promenade piétonne animée dans le cadre de l’événement Viaduc 375 qui se déroulera du 3 au 8 octobre. Soutenant cette initiative de revitalisation portée par les organismes locaux des Amis du Champ des possibles, de Mémoire du Mile-End et de la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER), Héritage Montréal a pris part le 10 septembre dernier à une table ronde sur l’avenir de celle que l’on nomme déjà la High Line de Montréal.

Construit en 1972 au-dessus du chemin de fer du Canadian Pacific, le viaduc avait pour but de relier les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-Petite-Patrie, en agissant telle une passerelle entre le boulevard Rosemont et la rue Van Horne. Implanté dans la trame urbaine existante et reliée à l’histoire industrielle et ferroviaire du secteur, il se trouve encore aujourd’hui bordé par l’ancienne cour ferroviaire Saint-Louis – devenue le Champ des possibles –, l’édifice industriel Capitol où cohabitent l’industrie de moulage du même nom et des ateliers d’artistes, et l’ancien entrepôt Van Horne. Autant de sites emblématiques méritant un regard plus attentif que celui d’un conducteur passant d’un arrondissement à l’autre à vive allure…

Aux côtés d’Éric Bourrely, directeur général de la SODER, d’André Lavallée, ancien maire de Rosemont-La-Petite-Patrie, et de Nicole Valois, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture du paysage de l’Université de Montréal et vice-présidente du Conseil du patrimoine de Montréal, notre directeur des politiques, Dinu Bumbaru, a ainsi pris la parole pour faire valoir le potentiel de revitalisation du viaduc. Exposant ses dimensions patrimoniales, il a en particulier révélé une série de points de vue sur les clochers d’églises observables depuis le viaduc-belvédère. Ainsi, considérant les quinze clochers visibles depuis les hauteurs de cet ouvrage routier, pourquoi ne le nommerait-on pas « promenade des clochers », tel un rappel de l’omniprésence du patrimoine religieux bâti à Montréal ? Les vues imprenables telles que celles sur l’entrepôt Van Horne – édifice remarquable par son intégration à la trame urbaine irrégulière de ce secteur –, sur le mont Royal s’exposant, de là, dans toute sa majesté, ainsi que sur la vie des ruelles des quartiers avoisinants, sont également à souligner comme autant de composantes constitutives de la valeur paysagère du viaduc, comme l’a souligné Nicole Valois. La valeur artistique, incarnée dans les murales et les graffiti, et la valeur architecturale de ce grand ouvrage technique, contribuent elles aussi à distinguer ce tronçon routier. Mais il semblerait que ce soit d’abord et avant tout l’appropriation citoyenne et la valeur d’usage – promenade, festival de musique, etc. – du viaduc qui en fassent un lieu atypique et inspirant, propice aux rencontres, à la création et à l’émergence d’une vision poétique de la ville.

L’événement du Viaduc 375 sera l’occasion d’explorer la vitalité qui anime ce pont aérien et de renouveler notre regard sur le patrimoine ferroviaire qui l’entoure. Des promenades historiques seront notamment au programme. Nous avons hâte d’y être et de vous y retrouver ! D’ici là, nous vous mettons au défi d’identifier les quinze clochers d’églises recensés par Dinu !

7 septembre 2017

Programme de maîtrise en conservation Université de Montréal

Depuis quelques jours, l’avenir du programme de maîtrise en conservation du patrimoine à l’Université de Montréal fait l’objet d’articles et de commentaires dans les journaux. Ce sujet intéresse Héritage Montréal puisque le programme a été fondé en 1987 en partenariat avec Héritage Montréal. C’était d’ailleurs le premier au Canada et l’un des premiers dans toute la Francophonie.

Pour bien comprendre la situation, nous avons pris le temps d’aller aux sources et avons rencontré les autorités de la Faculté de l’aménagement et de l’École d’architecture. Contrairement à ce qu’on pourrait percevoir des informations publiées à date, ce qu’on en comprend est rassurant, voire encourageant, quant à l’avenir de cette formation en patrimoine.

D’une part, si le programme est effectivement suspendu faute d’inscriptions suffisantes, il n’est pas question de l’abolir ni d’éliminer la formation en patrimoine à la Faculté de l’Université de Montréal. D’autre part, une réflexion est en cours pour voir comment adapter ce programme aux défis actuels du patrimoine comme projet collectif, non seulement projet d’architecture ou d’urbanisme, et le rendre plus pertinent quant aux cheminements personnels ou professionnels des personnes qui s’y intéressent.

Héritage Montréal entend donc suivre ce travail de près et y contribuer activement avec les instances universitaires. Cela nous semble d’autant plus important que les municipalités, dont Montréal et Québec, se voient confier de nouvelles responsabilités en patrimoine et que le Québec est à renouveler sa politique culturelle. Dans tous ces cas, la question de la compétence est au cœur du succès des intentions et de l’avenir réel du patrimoine, notamment bâti, urbain et paysager.

18 août 2017

Héritage Montréal reçoit favorablement le nouveau Plan d’action en patrimoine 2017-2022

Le maire de Montréal, M. Denis Coderre, accompagné de Mme Manon Gauthier, responsable de la culture, du patrimoine, du design, d’Espace pour la vie ainsi que du statut de la femme au comité exécutif, a dévoilé, hier matin, le tout nouveau Plan d’action en patrimoine 2017-2022. Le dévoilement de ce nouveau cadre d’intervention en patrimoine est l’aboutissement d’un processus qui s’est échelonné sur plusieurs mois et auquel Héritage Montréal a participé.

Les recommandations d’Héritage Montréal retenues
Parmi les recommandations proposées par Héritage Montréal le 1er mai dernier à l’occasion de l’audience publique de la Commission permanente du Conseil municipal sur la culture, le patrimoine et les sports, nous sommes heureux de constater que deux d’entre elles ont été retenues.

  • La reconnaissance du Conseil du patrimoine de Montréal (CPM) comme un acteur incontournable de la mise en œuvre du Plan d’actionen patrimoine.
  • La création d’un groupe de travail sur le financement alternatif montréalais au service du patrimoine, réunissant des parties prenantes internes et externes à la Ville.

De nouvelles approches proposées
Dans le cadre de la nouvelle approche en patrimoine proposée, nous notons la mise en place d’un Observatoire montréalais sur le patrimoine et la reconnaissance de l’enjeu des usages transitoires.

Héritage Montréal salue la mise en place d’un Observatoire montréalais sur le patrimoine, projet qui avait précédemment été évoqué par la responsable politique du projet, Mme Gauthier. Cet Observatoire nous paraît incontournable puisque qu’il permettra de disposer de données et d’outils pour mieux identifier, documenter, partager et diffuser les enjeux relatifs au patrimoine. Mais, afin de pouvoir bien mesurer l’évolution, sur une base annuelle, de l’écosystème patrimonial, l’Observatoire devra, selon nous, se fixer des objectifs concrets et mesurables en matière de conservation et de mise en valeur du patrimoine montréalais.

Quant à la question des usages transitoires, la prise en compte de cet enjeu dans le plan d’action en patrimoine démontre une ouverture face aux pratiques innovantes en matière de conservation du patrimoine. Pour Héritage Montréal, il s’agit d’une réponse concrète à des enjeux importants tels que la négligence et le déficit d’entretien des immeubles vacants et représente une solution qui permettrait de réduire les risques de dommage, voire de perte totale comme nous l’avons vu l’an dernier avec l’édifice Robillard, notamment.

Les défis
Si le Plan d’action en patrimoine se révèle être un outil concret et constructif, il n’en demeure pas moins que sa mise en œuvre est ambitieuse. Il sera donc impératif qu’il s’inscrive dans une vision claire, qu’il soit accompagné de réels moyens pour qu’il soit réellement structurant et ait ainsi un impact réel et durable. Les multiples actions proposées devront également s’inscrire dans une démarche globale cohérente qui fera évoluer les comportements de toutes les parties prenantes – citoyens, propriétaires, promoteurs et gouvernements – en s’assurant de mettre en place un nouveau cadre réglementaire, financier et collaboratif qui favorise les meilleures pratiques. À cet égard, le rôle et la composition du Comité de mise en œuvre tel que proposé dans le Plan d’action en patrimoine nous apparaissent des plus importants

La nécessité de travailler ensemble
Rappelons enfin qu’Héritage Montréal partage les visées exprimées, au tout début du projet de Plan d’action patrimoine, par le Maire de Montréal, M. Denis Coderre sur le leadership de la Ville de Montréal et la nécessité de travailler ensemble. Depuis plusieurs années, faire de Montréal un modèle reconnu parmi les grandes métropoles du monde en matière de protection, de mise en valeur et d’enrichissement du patrimoine architectural, paysager et urbain constitue le leitmotiv d’Héritage Montréal, de ses programmes d’éducation et de sensibilisation, de construction de ponts entre les actions montréalaises et internationales et de représentation et de collaboration avec les décideurs publics, privés, institutionnels ou communautaires. À cet effet, nous avons déjà manifesté à la Ville de Montréal notre volonté de collaborer et réitérons notre vif intérêt à participer à la mise en œuvre des différents chantiers proposés.

Pour consulter le Plan d’action en patrimoine, cliquez ici.
Pour lire ou relire notre mémoire, cliquez ici.

 

 

7 août 2017

Promenade Fleuve-Montagne: de l’âme et du sens

Il est rare que Culture Montréal, Héritage Montréal et Les amis de la montagne interviennent publiquement de manière commune, même si nos organismes collaborent au quotidien. Les nombreuses réactions qui ont suivi l’inauguration de la promenade Fleuve-Montagne nous ont incités à le faire.

Nous désirons tout d’abord saluer l’initiative de la Ville de Montréal de développer un réseau de promenades urbaines. L’idée de mettre en valeur les grands monuments fondateurs de Montréal et les quartiers de la métropole, en alliant l’appréciation culturelle du territoire, le patrimoine et le transport actif — particulièrement la marche —, nous apparaît comme une voie de l’avenir.

La première de ces promenades, inaugurée récemment, présente un trajet qui part du lieu de fondation de Montréal — plus précisément, de la place Royale, à Pointe-à-Callière — et qui se rend jusqu’à l’entrée Peel du parc du Mont-Royal. Même si chacun peut avoir son opinion là-dessus, le trajet retenu nous apparaît pleinement justifié.

Parcours riche d’histoire

Plusieurs des opinions critiques ont fait valoir qu’il n’y avait pas de raison particulière d’emprunter ce trajet spécifique. Tout comme parcourir le Freedom Trail, à Boston, donne le sentiment de mieux comprendre la Révolution américaine, parcourir la promenade Fleuve-Montagne nous permet de mieux comprendre la ville d’hier et d’aujourd’hui.

Le fleuve Saint-Laurent et le mont Royal sont le seul véritable patrimoine qu’il nous reste, comme Montréalais, des origines de notre ville. C’est ce qu’ont vu Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne-Mance à leur arrivée en Nouvelle-France. Lorsque Jacques-Cartier a accosté à Hochelaga, en 1535, son premier geste a été de grimper sur la montagne, pour bien comprendre où il se trouvait. C’est d’ailleurs lui qui l’a nommée « mont Royal ». Dans dix-huit ans, on soulignera le 500e anniversaire du passage de Jacques Cartier à Hochelaga. Dans une société aussi jeune que la nôtre, célébrer un demi-millénaire est chose rare…

Potentiel

La promenade Fleuve-Montagne représente symboliquement la montée des premiers découvreurs qui, accompagnés de leurs guides autochtones, sont partis du fleuve pour aller jusqu’au sommet de la montagne. Dans cet esprit, nous croyons que la promenade Fleuve-Montagne ne devrait pas s’arrêter au pied de la montagne, mais devrait plutôt se terminer au belvédère Kondiaronk — nommé en l’honneur du chef de la nation huronne-wendat qui fut l’architecte, avec Hector de Callière, de la Grande Paix de Montréal, en 1701 — où l’on dispose d’une vue incomparable de Montréal et de sa région.

La promenade Fleuve-Montagne offre une excellente occasion d’expliquer aux citoyens montréalais et aux visiteurs ce qu’était Hochelaga, comment Ville-Marie a été fondée et comment elle s’est transformée. Grâce à la magie de la réalité augmentée ou par des visites guidées, il est en effet possible de faire revivre le Parlement du Canada-Uni, le Groupe de Beaver Hall, l’explosion commerciale de la rue Sainte-Catherine, ainsi que de rappeler la bataille majeure qui a été menée pour conserver la vue vers la montagne depuis l’avenue McGill College dans les années 1980. Ces exemples, et bien d’autres, font déjà partie de la promenade Fleuve-Montagne. Il faut seulement leur donner vie.

Nous, de Culture Montréal, d’Héritage Montréal et des Amis de la montagne, invitons la population à venir s’y promener, car nous sommes convaincus que la promenade Fleuve-Montagne a un immense potentiel. À condition de lui injecter de l’âme et du sens.

Valérie Beaulieu         Robert Turgeon        Sylvie Guilbault
Culture Montréal     Heritage Montreal    Les amis de la montagne

18 juillet 2017

Édifice Rodier : Une nouvelle vocation pour cet emblème situé au cœur du quartier de l’innovation

Depuis plusieurs années déjà, Héritage Montréal s’inquiétait pour l’avenir de l’édifice Rodier, un emblème du nouveau quartier de l’innovation, dans l’arrondissement du Sud-Ouest. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que nous avons assisté le 18 juillet dernier au dévoilement du projet Le Rodier, dont l’ambition est de devenir le lieu de l’innovation et de l’entrepreneuriat pour le secteur culturel et créatif de Montréal. Présenté par La Piscine, en partenariat avec Gestion Georges Coulombe, un promoteur immobilier reconnu pour la restauration et la gestion d’édifices à caractère patrimonial, Rhizome, et le Quartier de l’innovation, ce projet se veut un lien entre le patrimoine montréalais et l’expression de l’innovation culturelle.

De site menacé à incubateur d’innovation et d’entrepreneuriat pour le secteur culturel

Construit en 1875, l’édifice Rodier est l’un des derniers témoins de l’importante entrée du centre-ville que constituait jadis le square Chaboillez, face à l’ancienne gare Bonaventure, occupé aujourd’hui par les accès souterrains de l’autoroute Ville-Marie et l’ancien Planétarium Dow. Associé à Charles-Séraphin Rodier, important promoteur immobilier du secteur au 19e siècle, l’édifice Rodier constitue un repère majeur dans l’axe de la rue Notre-Dame par sa forme triangulaire peu courante dans la trame urbaine montréalaise et par son architecture à ossature de pierre.

Laissé vacant depuis le départ du magasin Baron Sports qu’il abritait depuis plusieurs décennies, l’édifice Rodier est acquis par la Ville de Montréal en 2010 dans le cadre du réaménagement de la rue Dalhousie. À l’époque, on planifiait une démolition partielle du bâtiment afin de permettre la transformation de la rue Dalhousie en corridor réservé au passage d’autobus desservant la Rive-Sud via l’autoroute Bonaventure.

En 2012, devant cette menace, Héritage Montréal ajoute l’édifice Rodier à sa liste de sites emblématiques menacés. En 2013, la Ville de Montréal retire le projet de corridor d’autobus. Considérant la valeur patrimoniale de l’édifice Rodier et son avenir toujours incertain, Héritage Montréal conserve alors toutefois le bâtiment sur sa liste de sites en observation.

 

Plus récemment, au printemps 2016, nous apprenions que l’édifice Rodier ainsi que le New City Gas, un autre emblème ayant figuré sur notre liste, étaient menacés d’expropriation en raison de la construction du futur train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec (REM). Héritage Montréal avait alors demandé à la Caisse de mettre en œuvre tous les efforts nécessaires afin de ne pas affecter ces bâtiments emblématiques. Finalement, le tracé fut modifié, permettant ainsi leur préservation.

Soutenir les efforts de revitalisation

Héritage Montréal suivra de près et avec beaucoup d’intérêt l’évolution du projet présenté. Nous souhaitons que cette initiative et ces investissements encouragent d’autres acteurs de l’écosystème immobilier à réaliser des projets porteurs dont la qualité sera à la hauteur de la valeur des sites concernés. Nous rappelons également l’importance pour les gouvernements et la Ville de soutenir les propriétaires et les investisseurs de tels édifices via des mesures de financement pour les aider à relever, avec les expertises adéquates, les défis de conservation, de mise en valeur et de revitalisation que pose notre patrimoine.

Vous appréciez les gestes posés par Héritage Montréal pour préserver et valoriser notre riche patrimoine montréalais? Aidez-nous à les multiplier en nous soutenant financièrement! Donnez en cliquant ici.

 

6 juillet 2017

Déménagement de l'usine Molson

Avec le réaménagement du vaste site de Radio-Canada, l’acquisition saluée de l’ensemble patrimonial de l’ancienne prison Au-Pied-du-Courant, classée monument historique, par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et Télé-Québec, ainsi que le déménagement de Molson, le quartier Centre-Sud connaitra un important réaménagement au cours des prochaines décennies.

Le 5 juillet dernier, Molson Coors a annoncé publiquement son choix de favoriser la construction d’une nouvelle brasserie plutôt que de moderniser celle qui a ouvert ses portes en 1786 sur la rue Notre-Dame. L’ensemble de la brasserie Molson est incontestablement patrimonial, moins au sens d’une œuvre d’architecture qu’à celui d’un complexe où se juxtaposent différentes époques.

Rappelons que les Molson sont connus pour leur profond attachement à Montréal et qu’au-delà des décisions d’affaires, ils nous semblent soucieux de la présence emblématique de la brasserie de la rue Notre-Dame dans le patrimoine et le paysage identitaire de la métropole, entre le fleuve, le pont, le Vieux-Montréal et même au loin, la montagne.

Héritage Montréal rappelle que la protection de cet emblème du patrimoine industriel de Montréal passe par un projet de revitalisation novateur qui ne ferait pas perdre son âme à l’ensemble. Il s’avèrera essentiel de mettre en place un processus de collaboration entre la Ville, la famille Molson, les citoyens et, bien sûr, Héritage Montréal. Comme toujours, nous offrons notre entière collaboration pour réfléchir aux meilleures options de revitalisation de cet important emblème du patrimoine industriel de Montréal.

12 juin 2017

Jardin Notman : État de la situation

Samedi le 27 mai 2017, le Mouvement citoyen pour la préservation du jardin Notman tenait un rassemblement public pour demander la protection de ce jardin patrimonial menacé – de nouveau – de disparaître sous le coup d’un projet immobilier, apparemment conforme à la réglementation municipale.

Malgré la reconnaissance nationale de la valeur patrimoniale de la maison Notman il y a plus de 35 ans et les paroles bienveillantes des ministres de la Culture du Québec, du Maire de Montréal et d’autres élus de la Ville et de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, de tels projets continuent d’émerger du fait d’une certaine confusion quant à la préséance des enjeux patrimoniaux de ce site extraordinaire sur l’application ordinaire du règlement d’urbanisme municipal. Lire la suite.

9 mai 2017

Inauguration de l'Hôtel Mount Stephen : Héritage Montréal a visité les lieux

Construite en 1882-1884 par l’architecte W. T. Thomas à qui l’on doit la maison Shaughnessy, la maison Mount Stephen, en plein centre-ville, est un édifice patrimonial exceptionnel tant par son histoire que son architecture et son remarquable décor intérieur. Après avoir longtemps logé un club privé, elle fait l’objet depuis plusieurs années de travaux visant à l’intégrer à un hôtel. Au début 2016, les médias révèlent que la structure de la maison a été considérablement affectée par ces travaux et que des fissures importantes sont apparues dans la façade en pierre grise. Ceci inquiète tant les spécialistes du patrimoine que la ministre de la Culture et le Maire de Montréal.

Devant cette situation extrêmement préoccupante et dans l’intérêt de cet édifice dont tous, au premier chef le propriétaire et promoteur du projet d’hôtel, convenaient de l’importance de le sauvegarder, Héritage Montréal a :

– Demandé à la ministre de la Culture, à la Ville de Montréal et aux propriétaires de réunir urgemment des experts indépendants reconnus au chevet de la maison Mount Stephen pour la sauvegarder ainsi que son décor intérieur exceptionnel;

– Demandé par résolution de son Assemblée générale que les compétences spécifiques en conservation du patrimoine soient reconnues et exigées, comme on le fait dans le domaine de la médecine, tant pour la conception que l’exécution des interventions, notamment dans le cas de constructions d’une aussi grande valeur et sensibilité que la maison Mount Stephen;

– Mis en lumière lors d’un Échange urbain avec le musée McCord, les enjeux et les défis de la mise en valeur des intérieurs d’intérêt patrimonial comme celui de la maison Mount Stephen, alors que les efforts jusqu’à présent ont surtout porté sur l’apparence extérieure des bâtiments.

Les travaux de stabilisation, de réparation et de restauration de la maison Mount Stephen sont maintenant terminés et l’hôtel dont elle est le joyau, a été inauguré le 1er mai dernier. Le 3 mai, nous avons accepté l’invitation du directeur de l’hôtel, monsieur Antoine Naoum, et de l’architecte Jean-Pierre Grémy, engagé par les propriétaires dans la foulée des événements de 2016, et visité la maison en leur compagnie.

De prime abord, la maison Mount Stephen semble bien avoir retrouvé son intégrité patrimoniale. Les déformations structurales ont été en bonne partie corrigées par des travaux qu’on nous décrit comme exceptionnels par leur envergure, leur complexité et l’expertise multiple – architectes, ingénieurs, conservateurs et artisans spécialisés – qu’ils ont mobilisé. Malgré les craintes qu’on avait il y a un an, l’exceptionnel décor de boiseries de la maison a été minutieusement déposé, remonté et restauré. Les travaux d’urgence ont même permis de faire certaines découvertes sous les ajouts des années 1920.

Tout en restant conscient qu’il reste encore des éléments et des correctifs à finaliser dans ce dossier complexe, Héritage Montréal est donc heureux de constater que les actions que nous avons posées à l’époque pour assurer l’intégrité de cette maison hautement patrimoniale, ont porté fruit. D’ailleurs, nous croyons qu’il serait fort éclairant pour les Montréalais et pour le public québécois et canadien puisqu’il s’agit d’un bâtiment reconnu par les deux niveaux de gouvernement, de pouvoir comprendre de la part des propriétaires et des spécialistes eux-mêmes, les défis considérables que représentait ce projet et, tout particulièrement, la conservation du joyau que constitue la maison Mount Stephen. Nous avons déjà suggéré à la direction de l’hôtel d’organiser ensemble une conférence à ce sujet.

En terminant, Héritage Montréal rappelle qu’au moment où vous lisez ces lignes le Gouvernement du Québec prépare sa nouvelle Politique culturelle et travaille sur les projets de loi 121 et 122 qui fourniront de nouveaux pouvoirs aux municipalités et à la métropole du Québec. Parallèlement, la Ville de Montréal travaille sur l’adoption de son Plan d’action patrimoine. Nous espérons vivement que ces nombreux travaux intègreront les leçons tirées de la crise qui a touché la maison Mount Stephen et encourageront tous les acteurs impliqués à mieux travailler ensemble, en amont plutôt qu’en réaction, pour amener la réalisation de projets porteurs dont la qualité sera à la hauteur de la valeur des sites concernés.

En particulier, il faut mieux accompagner et soutenir les propriétaires et investisseurs de tels édifices pour les aider à relever, avec les expertises adéquates et la créativité nécessaire, les défis de conservation, de mise en valeur et de revitalisation que pose le patrimoine au XXIe siècle.

Comme toujours, Héritage Montréal offre son entière collaboration.

6 avril 2017

Un nouveau directeur général pour Héritage Montréal

Les membres du conseil d’administration de la Fondation Héritage Montréal sont heureux d’annoncer la nomination de M. Robert Turgeon, dont le mandat a débuté le 3 avril dernier, au titre de directeur général de l’organisme. Il succède ainsi à Mme Marie-Claude Landry qui a occupé ce poste au cours des trois dernières années.

Président du conseil d’administration d’Héritage Montréal depuis près de 10 ans, M. Turgeon était le candidat naturel pour le poste. Possédant une solide expérience en gestion, en planification stratégique et en marketing ainsi qu’une connaissance profonde de l’organisation et des défis qui l’attendent, il aura entre autres comme tâche de mettre en œuvre le nouveau plan stratégique de l’organisation.

Avant de se joindre à l’équipe d’Héritage Montréal à titre de directeur général, il a occupé pendant près de 7 ans, la fonction de directeur du développement àl’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal. Son parcours professionnel l’a également conduit à La Banque Laurentienne du Canada où il a occupé, pendant près de quinze ans, plusieurs fonctions clés au sein de l’entreprise notamment celle de vice-président, ventes et marketing. Au fil des ans, ses compétences en leadership jumelées à sa connaissance approfondie du domaine philanthropique ont permis à M.Turgeon de perfectionner ses qualités de gestionnaire, de mener avec succès des campagnes publicitaires d’envergure nationale et d’implanter divers programmes de collecte de fonds.

Membre de la grande famille d’Héritage Montréal depuis 2006 et porteur d’une vision stratégique pour l’organisation, M. Turgeon accepte ses nouvelles fonctions avec beaucoup d’enthousiasme et entrevoit les prochaines années avec ambition. «Je me sens privilégié de pouvoir contribuer au quotidien à l’évolution d’Héritage Montréal, a précisé M. Turgeon. Héritage Montréal est un acteur clé dans l’écosystème montréalais et nous avons l’ambition de placer le patrimoine au cœur du développement de notre métropole culturelle », a-t-il souligné.

Les membres du conseil d’administration d’Héritage Montréal ont la ferme conviction que l’important bagage d’expériences et le leadership de M. Turgeon lui permettront de mettre en place des projets porteurs pour l’avenir de l’organisme.

5 avril 2017

Le mont Royal dans la Liste indicative 2017 du Canada pour le patrimoine mondial de l’UNESCO

En présence de chefs et représentants des communautés autochtones et des Villes de Montréal et de Westmount, Les amis de la montagne viennent de lancer une importante campagne de mobilisation citoyenne, afin d’appuyer la candidature présentée à Parcs Canada par la Ville de Montréal pour faire inclure le mont Royal dans la Liste indicative 2017 du Canada pour le patrimoine mondial de l’UNESCO. Parcs Canada donne jusqu’au 26 avril pour lui transmettre les appuis à cette initiative montréalaise. L’objectif de la campagne de mobilisation citoyenne est de recueillir 30 000 appuis d’ici le 26 avril. Nous vous encourageons à visiter www.lemontroyal.qc.ca ou www.montroyalunesco.ca pour donner le vôtre!

Héritage Montréal écrira sa propre lettre d’appui. D’ailleurs, Héritage Montréal travaille cette idée d’une reconnaissance internationale du mont Royal depuis plus de 20 ans et a obtenu, en 2005, le classement de la montagne par le gouvernement du Québec, une condition préalable à une candidature internationale. En 2015, l’assemblée générale des membres d’Héritage Montréal a aussi demandé au gouvernement du Canada d’inclure l’ensemble civique et institutionnel du Mont Royal sur la liste indicative de sites qu’il entend proposer à l’UNESCO. La nomination du Mont Royal au patrimoine mondial nous semble d’autant plus pertinente que la montagne illustre non seulement une diversité de facettes du patrimoine – naturel, paysager, architectural, historique, archéologique – mais aussi qu’elle incarne l’action conjointes des citoyens, des autorités et des institutions d’une société pour protéger et mettre en valeur un tel ensemble emblématique des métropoles de l’ère moderne.

Mettez votre voix dans la balance! Allez voir www.lemontroyal.qc.ca et appuyez la reconnaissance internationale du mont Royal!

22 mars 2017

Dans les coulisses des grands projets

Vous le savez, Héritage Montréal est au cœur des grands projets qui animent notre métropole. Notre équipe œuvre régulièrement en coulisse afin de protéger et de mettre en valeur le patrimoine montréalais. Les semaines à venir s’annoncent fort occupées en ce sens pour Héritage Montréal avec, à l’agenda, plusieurs séances et consultations publiques sur des enjeux importants pour le patrimoine. Voici un bref survol de nos récentes interventions et de celles à venir.

Le 20 mars dernier avait lieu la très attendue présentation du projet de réaménagement du site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants à l’Office de consultation publique de Montréal. Comme l’avenir des grands ensembles hospitaliers est un enjeu qui nous préoccupe particulièrement, et ce, depuis plusieurs années déjà, nous en avons profité pour présenter le mémoire que nous avons préparé pour l’occasion. Pour le consulter, cliquez ici.

C’est le 23 mars prochain qu’aura lieu la présentation du projet de politique de développement culturel 2017-2022 à la Commission permanente sur la culture, le patrimoine et les sports lors de laquelle Héritage Montréal sera entendue. Les recommandations seront adoptées publiquement par la Commission le jeudi 4 mai 2017.

En attendant ces recommandations, nous assisterons à la consultation prévue autour de l’adoption du Plan d’action patrimoine, le 1er mai prochain. Ce qui nous interpelle particulièrement dans tous ces dossiers est la relation qu’ils entretiennent entre-eux. Comme toujours, Héritage Montréal prône la cohérence et le « travailler ensemble ». Nous espérons que c’est dans cette perspective que le Plan d’urbanisme, la Politique développement culturel, le Plan d’action patrimoine, le Plan développement économique et le Plan de développement social seront abordés. À suivre…

En terminant, la Commission Parlementaire a invité Héritage Montréal à prendre la parole, le 28 mars prochain, dans le cadre du projet de loi 121 – Loi augmentant l’autonomie et les pouvoirs de la Ville de Montréal, métropole du Québec.

Voilà autant d’occasions qui nous permettent de faire valoir la voix de la société civile sur des dossiers d’envergures provinciale, métropolitaine et locale.

20 mars 2017

Stagiaire aux communications recherché(e)

Nous sommes à la recherche d’une personne dynamique pour participer aux différents projets en lien avec la promotion de nos activités pour la saison estivale 2017. Vous avez jusqu’au 24 mars 2017 pour nous faire parvenir votre curriculum vitae et une lettre de présentation.

Pour consulter l’annonce complète, cliquez ici.

 

28 février 2017

Projet de loi 122 : Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs

Le comité Patrimoine et Aménagement d’Héritage Montréal a examiné le projet de loi 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs, actuellement à l’étude par la Commission de l’aménagement du territoire. Cet examen s’est fondé sur les cinq principes d’excellence en développement adoptés par notre Assemblée générale – 1. Recevabilité; 2. Prise en compte du patrimoine et du contexte; 3. Exemplarité du processus; 4. Innovation; 5. Pérennité et enrichissement durable du patrimoine.

Suite à cet examen, notre Conseil d’administration, réuni le 22 février dernier, à Montréal, a souhaité transmettre ses commentaires et recommandations. Cliquez ici pour consulter le document déposé.

23 février 2017

Classement du complexe de la Maison Alcan

Le 23 février dernier, en présence du maire de la Ville de Montréal, M. Denis Coderre, du fondateur de Lune Rouge, M. Guy Laliberté, de notre directeur des politiques, Dinu Bumbaru, et du président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Michel Leblanc, le ministre de la Culture et des Communications du Québec, M. Luc Fortin, a annoncé la signature de l’avis de classement du complexe de la Maison Alcan.

Aujourd’hui, nous nous réjouissons du dénouement positif que connaît ce dossier sur lequel nous travaillons depuis plus d’un an déjà. Rappelons qu’à l’été 2015, un projet de densification de cet ensemble architectural novateur avait été annoncé. La proposition alors présentée était en rupture avec la vision exemplaire d’un chef d’entreprise, feu M. David Culver, alors président d’Alcan et reconnu comme Grand Bâtisseur par Héritage Montréal, quant au patrimoine et à l’ensemble de cette section de la rue Sherbrooke. Afin de préserver l’intégrité de ce joyau patrimonial montréalais, Héritage Montréal avait formulé une demande de classement à Mme Hélène David, alors ministre de la Culture et des Communications du Québec, qui, le 5 novembre 2015, avait répondu positivement en émettant un avis d’intention de classement pour la Maison Alcan. La décision définitive sur le statut de cet ensemble devait être rendue dans un délai d’un an, suite à une série de consultations et de l’émission de l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec.

Issue d’un processus de concertation exemplaire qui, nous l’espérons, jette les bases pour l’avenir, cette reconnaissance de la valeur nationale de la Maison Alcan démontre que les forces économiques sont capables de participer à la renaissance de Montréal et à la réconciliation entre patrimoine et développement.

Voici les principaux éléments qu’Héritage Montréal a soulignés à l’occasion de cette annonce publique :

– Nous remercions le ministre de la Culture, M. Fortin, pour l’attention personnelle qu’il a donnée au cas de la Maison Alcan. Les dossiers en patrimoine au Québec sont nombreux et souvent très complexes. Dans ce cas précis, le ministre a pris une initiative novatrice à savoir convoquer les parties intéressées – Lune Rouge, Héritage Montréal, la Ville de Montréal et la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain – à un exercice dynamique pour développer une volonté commune d’assurer la reconnaissance et la renaissance de la Maison Alcan. Les pouvoirs et les devoirs du ministre en vertu de la loi sur le patrimoine culturel ont été mis au service d’une démarche qui illustre une volonté montréalaise d’avancer ensemble.

– Cette démarche est la marque d’une initiative exceptionnelle en termes de concertation. Nous espérons la voir devenir la façon de faire ou, du moins, la marque de commerce d’une façon de faire basée davantage sur la mise en commun des forces de la métropole, que leur opposition constante. Tout comme la Maison Alcan a réussi à réunir avec harmonie et créativité des bâtiments anciens et modernes, il est important de réunir les acteurs publics, privés, citoyens et institutionnels pour continuer à faire vivre et à enrichir ce patrimoine architectural et urbain qui distingue Montréal.

– Nous nous réjouissons du rôle de leader que M. Laliberté et Lune Rouge Innovation prennent désormais dans ce dossier. C’est assurément l’une des évolutions les plus encourageantes qui constitue, entre la vision originale de M. Culver et l’avenir de la Maison Alcan, le relais des géants qui permettent de croire en une nouvelle revitalisation de la Maison Alcan qui sera tout aussi inspirante que celle effectuée en 1983.

– Ce nouveau statut représente, pour nous, la reconnaissance d’une renaissance du patrimoine; un défi lancé à l’actuelle génération de leaders d’affaires, c’est-à-dire celui de poursuivre, au XXIe siècle, cette vision d’un développement à la montréalaise.

Comme toujours, Héritage Montréal sera présent pour la suite.
Pour consulter le communiqué de presse émis à l’occasion de cette annonce publique, cliquez ici.

6 février 2017

Hommage d’Héritage Montréal à David M. Culver C.C., O.Q.

C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris le décès de David M. Culver, ancien président et chef de la direction de la société Alcan et l’âme visionnaire du complexe de la Maison Alcan.

Homme d’affaires animé d’une passion profonde pour les arts et l’architecture et pour Montréal, M. Culver avait choisi de rompre avec le concept dominant de développement, fondé sur la démolition massive du patrimoine au service d’intérêts privés à court terme, pour réaliser un nouveau siège social qui réunissait des bâtiments patrimoniaux réhabilités, de nouvelles constructions d’architecture contemporaine et des espaces publics intérieurs et extérieurs.

Inaugurée en 1983, la Maison Alcan a amené un vent d’optimisme et de confiance à Montréal comme au Québec et à travers le Canada, qui inspira une approche plus humaine et culturelle du développement urbain. Pour le grand bénéfice de la métropole et des Montréalais, la détermination de M. Culver a fait la démonstration que patrimoine et développement pouvaient coexister et, mieux encore, s’enrichir mutuellement. Il a fait évoluer notre société et offert un modèle concret et inspirant pour Montréal autant que pour l’ensemble du pays.

En janvier 2016, Héritage Montréal remettait à M. Culver le titre de grand bâtisseur en reconnaissance de son leadership exemplaire et de son rôle clé dans la réalisation de la Maison Alcan, tout comme sa grande affection pour Montréal et son patrimoine. Son engagement visionnaire a aussi été reconnu dans l’avis d’intention signé en novembre 2015 par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, répondant à la demande de classement de la Maison Alcan déposée par Héritage Montréal.

Héritage Montréal tient donc à offrir ses condoléances à la famille et aux amis de M. Culver. Nous saluons sa contribution exceptionnelle au patrimoine et sa reconnaissance comme élément du développement de Montréal. Nous souhaitons que son modèle inspire d’autres acteurs économiques pour faire grandir la métropole.

17 janvier 2017

Lancement du concours d'architecture pour la BANQ Saint-Sulpice

Le 11 janvier dernier, le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. Luc Fortin, et le maire de Montréal, M. Denis Coderre, ont annoncé le lancement du concours d’architecture pour la réhabilitation de la bibliothèque Saint-Sulpice. Rappelons que le 31 janvier 2016, Hélène David, alors ministre de la Culture et des Communications, avait annoncé que l’édifice, dont la mise en vente dans une petite annonce sur le site web du Ministère des Transports avait été suspendue en 2015, retournait entre les mains de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec. On avait également annoncé que la bibliothèque Saint-Sulpice serait restaurée et retrouverait sa vocation originale en plus de se transformer en lieu de consultation et de création pour les adolescents.

Classé immeuble patrimonial, l’édifice est situé rue Saint-Denis, au cœur du Quartier latin à Montréal. Il rouvrira ses portes à l’hiver 2018-2019 sous le nom de BAnQ Saint-Sulpice.

Le jury sera composé de Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal, Pierre Corriveau, architecte, Pierre Thibault, architecte, Sophie Charlebois, architecte à la Ville de Montréal, Max Roy, ingénieur en électromécanique, Éric Therrien, bibliothécaire à l’Institut Canadien de Québec/Bibliothèque de Québec, et Christiane Barbe, présidente-directrice générale de BAnQ.

Pour en savoir plus sur ce concours, consultez le communiqué de presse officiel.

25 novembre 2016

Perte de deux édifices patrimoniaux

En moins d’une semaine, deux édifices patrimoniaux ont été détruits par des incendies. Les cas de l’Édifice Robillard et du 3464 avenue du Parc, deux bâtiments vacants, nous rappellent que la résolution adoptée unanimement par le Conseil municipal, après la démolition de la maison Redpath en mars 2014, n’a pas donné, pour l’instant, les résultats escomptés.

La perte de ces édifices nous rappelle également que la mise à jour de la politique du patrimoine de 2005 s’étire dans le temps et que cette dernière doit faire l’objet d’une consultation indépendante par l’OCPM afin d’éviter que le projet se perde dans la campagne électorale de 2017. Les objectifs d’une politique du patrimoine sont d’organiser et d’orienter l’action de la Ville et de ses partenaires, pour encourager l’articulation d’une vision collective et d’une responsabilité partagée du patrimoine montréalais, et pour en faire un levier de développement culturel, social et économique.

Le patrimoine doit avoir une place crédible dans le futur statut de métropole. Malheureusement, le projet de loi 109, accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec, nous semble préoccupant s’il est un présage de la future loi sur la métropole.

Pour en savoir plus
Radio-Canada
Journal Métro

9 novembre 2016

Suivi : Avis de classement de la Maison Alcan

Le ministre de la Culture, Luc Fortin, nous a informés de sa décision de prolonger l’avis d’intention de classement prononcé le 9 novembre 2015 par la ministre d’alors, Hélène David, et répondant à la demande de classement formulée par Héritage Montréal.

Ce report additionnel de 12 mois devrait permettre de régler les derniers détails du statut permanent de classement. Précisons qu’il s’agit bel et bien d’une bonne nouvelle et non pas d’une simple procrastination, car nous savons que des discussions sont en cours avec les différentes parties, dont Héritage Montréal, pour préciser les termes de cette reconnaissance nationale de la valeur patrimoniale de l’ensemble de la Maison Alcan.

17 octobre 2016

Classement du studio Ernest-Cormier

Bonne nouvelle pour notre patrimoine! Le 6 octobre dernier, le ministre Luc Fortin a annoncé, par voie de communiqué, le classement du studio Ernest-Cormier! La protection s’applique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de même qu’au terrain. Rappelons que le 5 novembre 2015, Hélène David, alors ministre de la Culture et des Communications, avait émis un avis d’intention de classement pour le Studio Ernest-Cormier. La décision finale sur le classement devait être rendue dans un délai d’un an, après des consultations et l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec.

Le studio avait d’ailleurs été répertorié sur la plateforme H-MTL par Alexandre Paré, avec la collaboration de Martin Bérubé.

Pour en savoir plus sur ce bâtiment et sur sa valeur patrimoniale, consultez le répertoire du patrimoine culturel du Québec.

1 septembre 2016

Renouvellement de la politique culturelle du Québec

Le 25 août dernier, à l’occasion de la séance de consultation publique pour la région de Montréal, Héritage Montréal a présenté au ministre de la Culture, Monsieur Luc Fortin, un mémoire en vue du renouvellement de la politique culturelle de 1992.

Nous avons profité de cette occasion pour proposer au ministre de passer du modèle défensif des années 1970 à un modèle actif et mobilisateur. Nous avons souligné que le passage de l’un à l’autre demande une relation plus cohérente entre Culture et Patrimoine ainsi qu’une écologie fiscale et financière qui comprend de nouveaux outils.

Nous avons rappelé que le Québec accuse un important retard sur la question des mesures fiscales et nous avons insisté sur l’idée d’un mécanisme collaboratif pour dresser l’état du patrimoine et en faire le suivi dans une perspective d’amélioration.

Cet exercice de consultations publiques à l’échelle nationale a pris fin, à Sherbrooke, le 29 août dernier, après 18 séances tenues aux quatre coins de la province. Ce vaste chantier donnera naissance, nous l’espérons, à un nouvel outil transversal qui assurera une reconnaissance attendue de l’importance du patrimoine et de l’aménagement du territoire dans l’identité et le développement culturel au Québec. Le patrimoine ne doit plus être vu comme une contrainte, mais comme une valeur. Rappelons qu’Héritage Montréal attend depuis des décennies une véritable politique québécoise pour le patrimoine à laquelle le rapport Arpin de 2003 devait mener.

Pour le moment, il est plutôt difficile de mesurer l’impact de notre intervention, mais nous croyons qu’elle fut réussie et appréciée du ministre et de son équipe. À suivre…

Pour consulter notre mémoire, cliquez ici.

Pour consulter tous les mémoires déposés dans le cadre de cette vaste consultation publique, cliquez ici.

20 juillet 2016

Réaménagement du Parc Rutherford

Le parc Rutherford est l’espace vert recouvrant le réservoir McTavish. Situé dans le périmètre du Site patrimonial du Mont-Royal, il est protégé par le gouvernement du Québec depuis 2005. À l’étude depuis plusieurs années à l’arrondissement de Ville-Marie et bénéficiant d’une subvention du gouvernement du Québec, le projet de transformation du parc Rutherford en terrain multisport doté de mâts d’éclairage pour utilisation nocturne a fait la manchette ces derniers jours à la suite de l’adoption, le 6 juillet, de la décision du Conseil d’arrondissement d’octroyer le contrat pour ces travaux et d’autoriser la signature d’une convention avec l’Université McGill pour le financement du projet et l’utilisation du terrain, convention qui n’a pas été rendue publique.

En juillet 2015, l’arrondissement avait accepté de nous présenter le projet ainsi qu’aux Amis de la montagne et au Conseil régional de l’environnement. Il n’a cependant pas demandé formellement l’avis du Conseil du patrimoine de Montréal. Le lendemain de la décision du Conseil, le directeur et les responsables des loisirs à l’arrondissement nous exposaient le projet tel qu’il a été autorisé par le ministre de la Culture en mai dernier. Les différences entre les versions 2015 et 2016 sont mineures et le projet prévoit toujours l’installation de quatre pylônes d’éclairage géants de 30 mètres (environ 10 étages de hauteur), d’un design inconnu, dans un panorama que la Ville va mettre en valeur à grands frais par la promenade Fleuve-Montagne, un legs important du 375e.

Cette conclusion malheureuse pour le patrimoine montréalais illustre bien les risques des décisions politiques, sans considération réelle des impacts sur le patrimoine et le paysage. Le cas du parc Rutherford montre bien que les garanties de conservation, même d’un site patrimonial aussi reconnu que le mont Royal, restent précaires et que les pouvoirs publics sont souvent en conflit d’intérêts entre leurs devoirs de protecteur et leurs pouvoirs de promoteur.

D’ailleurs, réunis lors de notre assemblée générale annuelle le 2 juin dernier, les membres d’Héritage Montréal ont adopté une résolution demandant au gouvernement du Québec et à la Ville de Montréal de se doter de mécanismes transparents, intelligents et indépendants de suivi de l’état du patrimoine, comprenant les paysages.

Pour en savoir plus sur nos résolutions Patrimoine et Aménagement 2016, cliquez ici.

16 juin 2016

Quatre nouvelles résolutions pour 2016

C’est à l’occasion de son assemblée générale annuelle, tenue le 2 juin dernier, à l’Édifice Jacques-Parizeau (anciennement le Centre CDP Capital), que près d’une soixantaine de membres d’Héritage Montréal se sont réunis afin de faire le bilan de l’année 2015, celle de notre 40e anniversaire. Nous avons profité de la présence de nos membres pour soulever les différents enjeux patrimoniaux à considérer à l’avenir et adopter des résolutions qui guideront nos actions au cours de la prochaine année.

Voici les quatre résolutions qui ont été adoptées :

    • Souligner les actions contribuant significativement à l’amélioration du patrimoine de Montréal et de la région métropolitaine
    • La gouvernance en matière de protection et de mise en valeur du patrimoine et des paysages
    • La reconnaissance de la compétence et de l’expertise spécifique pour la protection et mise en valeur du patrimoine
    • La prise en compte de l’incidence des projets, des programmes et des investissements publics sur le patrimoine et les paysages

 

Pour lire l’intégralité des textes, cliquez ici.

En plus des résolutions proposées, les membres présents ont partagé leurs inquiétudes face à l’absence de la dimension historique et patrimoniale dans les festivités entourant le 375e anniversaire de la Ville. Ils ont mandaté Héritage Montréal pour exprimer ces préoccupations à la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Pour en savoir plus, lisez l’article à ce sujet paru dans le journal Le Devoir.

25 mai 2016

Les amis de la montagne et la Ville de Montréal décernent le Prix du Mont-Royal à Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal

Héritage Montréal se réjouit de l’attribution, le 24 mai dernier, du Prix du Mont-Royal à son directeur des politiques, M. Dinu Bumbaru, C.M. Décerné à l’occasion du 140e anniversaire de l’inauguration du parc du Mont-Royal, ce prix, remis par M. Réal Ménard, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts et par M. Peter A. Howlett, C.M., président des Amis de la montagne, souligne l’engagement et la contribution de M. Bumbaru à la protection et à la mise en valeur du Mont-Royal, un des plus importants emblèmes historiques et naturels de notre métropole.

Parmi les actions menées par M. Bumbaru, rappelons sa participation à l’élaboration du premier Plan de protection et de mise en valeur du Mont-Royal (1992), puis à sa mise à jour six ans plus tard. Il a également joué un rôle de premier plan dans les démarches qui ont mené, en 2005, à l’adoption du décret créant l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal par le gouvernement du Québec, site patrimonial du Mont-Royal depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en octobre 2012. Enfin, il est membre de la table de concertation du Mont-Royal qui regroupe les principaux acteurs impliqués dans la protection, la valorisation du territoire et le développement harmonieux du site patrimonial du Mont-Royal.

Le président du Conseil d’administration d’Héritage Montréal, M. Robert Turgeon, a accueilli avec enthousiasme cette importante marque de reconnaissance : « Il y a maintenant 35 ans que Dinu Bumbaru œuvre sans relâche pour la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti, urbain et paysager de Montréal. Son expertise reconnue mondialement, son engagement passionné envers la cause et ses nombreuses réalisations lui valent une grande estime auprès des intervenants en matière de patrimoine, comme en témoigne ce Prix du Mont-Royal. À Héritage Montréal, nous éprouvons une immense fierté à côtoyer cet homme qui veille avec intelligence et créativité sur le patrimoine d’ici et d’ailleurs! ».

Dinu Bumbaru œuvre au sein d’Héritage Montréal depuis 1982. Parallèlement, il collabore avec de nombreux organismes montréalais et nationaux, en plus de jouer un rôle important sur le plan international auprès du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), un organisme non gouvernemental qui conseille l’UNESCO en matière de patrimoine culturel. Cette importante reconnaissance s’ajoute aux nombreux honneurs qui ont été remis, au fil du temps, à M. Bumbaru.

18 mai 2016

Assemblée générale annuelle 2016 : Avis – Convocation et candidats au Conseil d’administration

Par la présente, un deuxième avis est donné de la tenue de l’Assemblée générale des membres de la Fondation Héritage Montréal le jeudi 2 juin 2016 à 17 h 30. Celle-ci aura lieu au Centre CDP Capital situé au 1000, place Jean-Paul-Riopelle, à Montréal, Salle B1.01, aux fins de :

  • Recevoir les états financiers pour l’exercice se terminant le 31 décembre 2015 et le rapport s’y rapportant;
  • Élire les membres du Conseil d’administration;
  • Nommer les vérificateurs des comptes et autoriser les administrateurs à fixer leur rémunération;
  • Ratifier et confirmer tout acte, procédé, contrat, règlement décrété, posé ou entrepris par les administrateurs de la société;
  • Adopter des résolutions et traiter de tout autre sujet pouvant être dûment soumis
    à l’Assemblée.

Liste proposée des membres du Conseil d’administration de la Fondation Héritage Montréal dans le cadre des élections de l’Assemblée générale annuelle du 2 juin 2015 :

Carole Deniger
Nancy Dunton
Robert Girard
Hugo Girard-Beauchamp
Hélène Godin
Mary Leslie-Aitken
Bruce McNiven
Anthony O’Brien
Marie Senécal-Tremblay
Pierre Taillefer
Michel A. Tremblay
Robert Turgeon

À noter que l’Assemblée générale annuelle sera suivie d’un cocktail.

VISITE GUIDÉE AVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

De 16 h à 17 h, joignez-vous à notre directeur des politiques, Dinu Bumbaru, pour une visite guidée du Centre CDP Capital.

Rendez-vous dans le hall d’entrée du Centre CDP Capital (1000, place Jean-Paul-Riopelle), niveau de la rue. Les places étant limitées, les réservations sont obligatoires.

R.S.V.P. avant le lundi 30 mai 2016, à 16 h :

Le président du Conseil d’administration,
Robert Turgeon

18 mai 2016

Maison George Stephen

La semaine dernière, le journal La Gazette a publié les résultats d’un travail fouillé d’enquête sur les causes qui ont mené à la situation particulièrement inquiétante de la maison George Stephen, joyau du patrimoine montréalais et national. Au cours des dernières semaines, Héritage Montréal a aussi chercher à comprendre pourquoi un monument historique aussi reconnu et protégé avait subi une telle dégradation demandant des interventions d’urgence et le démantèlement d’une partie de la façade. Les origines sont multiples.

Cette enquête de la Gazette lève le voile sur des faiblesses majeures de notre filet de sûreté du patrimoine, autant ses mailles fédérales, provinciales que municipales. Il ne suffit pas de se conforter dans l’idée que la procédure officielle a été suivie. Pour rétablir la confiance et prévenir la répétition d’une telle crise, les autorités chargées de la protection du patrimoine, notamment le ministère de la Culture et la Ville de Montréal, en fassent l’analyse avec l’apport de spécialistes externes, des universitaires et des organismes indépendants comme Héritage Montréal. Il faut que l’état réel du patrimoine soit au cœur de la prise de décision. À suivre…

Mount Stephen Club’s structural problems date back at least 15 years (anglais)
Culture officials initially opposed hotel tower for Mount Stephen Club (anglais)
Editorial: Preserving the Mount Stephen Club (anglais)
Chronique de François Cardinal

22 avril 2016

Ancien bâtiment de la Montreal Works : Une autre perte pour le patrimoine montréalais

Au cours des dernières semaines, le patrimoine montréalais a fait la manchette à plusieurs reprises et, malheureusement, pas toujours pour les bonnes raisons : un incendie a ravagé trois bâtiments patrimoniaux vacants du Faubourg aux Récollets qui ont ensuite été démolis, un incendie au Théâtre Snowdon, la démolition d’un bâtiment de la Coopérative d’habitation dans Griffintown, l’annonce du début des travaux de démantèlement de la façade de la maison Mount Stephen…

Nous avons également appris la semaine dernière la disparition prochaine d’un autre bâtiment : l’ancienne usine de munitions de la Montreal Works dans le secteur Chabanel. Le 11 avril dernier, dans une dernière tentative pour sauver cet élément du patrimoine montréalais, la Société d’histoire Ahuntsic Cartierville (SHAC) a porté en appel, devant le Conseil d’arrondissement, la décision du Comité de démolition d’autoriser la démolition de cet édifice de propriété municipale. Rappelons qu’au mois de décembre dernier, la SHAC, soutenue par Héritage Montréal, l’Association québécoise pour le patrimoine industriel et Action Patrimoine, était intervenue pour sauver et revitaliser le bâtiment, appelant la Ville à faire preuve de cohérence et de créativité.

La rencontre a connu un dénouement décevant se soldant par un vote unanime des élus pour la démolition. Ces derniers assurent toutefois qu’une forme de mention commémorative sera intégrée au futur projet des travaux publics municipaux. Ce glissement de la conservation vers la commémoration et le « rappellisme » est très préoccupant. Comme le souligne Marc-André Carignan dans une récente chronique publiée dans le journal Métro : « La meilleure façon de célébrer un lieu reste encore de le conserver ».

29 mars 2016

Forum stratégique sur les grands projets : Revitaliser nos bâtiments patrimoniaux et emblématiques

Le 21 mars dernier avait lieu, au Palais des congrès de Montréal, la 10e édition du Forum stratégique sur les grands projets. Organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, l’événement a réuni quelque 400 décideurs et influenceurs de la métropole dont notre président, Robert Turgeon, notre directrice générale, Marie-Claude Landry, notre directeur des Politiques, Dinu Bumbaru, ainsi qu’Anthony O’Brien, membre de notre Conseil d’administration.

Pour Héritage Montréal, le forum fut l’occasion d’aborder la relation entre patrimoine et projets immobiliers lors d’une table ronde réunissant Dinu Bumbaru, Alan Macintosh (Maison Notman) et Phil O’Brien (Gare Viger). Nous avons profité de cette tribune pour rappeler aux promoteurs l’importance d’aborder la question du patrimoine dès le début d’un processus de réaffectation et d’agir avec curiosité et urbanité. Nous avons également précisé que l’enjeu du patrimoine est aujourd’hui marqué par de nouvelles combinaisons : valeurs économiques et civiques/rentabilité et identité. Cette évolution passe par la réaffectation des bâtiments existants et par un urbanisme plus actif, moins technique et plus collaboratif. Ce forum fut également l’occasion pour nous de réaffirmer publiquement l’importance de concevoir un guide sur la reconversion patrimoniale destiné aux promoteurs.

En attendant la suite des choses, nous tenons à saluer la qualité des propos tenus par les différents intervenants à l’occasion de cet événement, en particulier ceux tenus par monsieur Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui a insisté sur l’importance du patrimoine dans le développement économique et culturel de notre métropole.

1 février 2016

La maison Mount Stephen sous surveillance

Héritage Montréal suit de très près la situation de la maison Mount Stephen, un édifice patrimonial exceptionnel par son architecture et son décor intérieur qui jouit de la reconnaissance et de la protection des autorités. Cette ancienne résidence du Mille carré fait l’objet de travaux visant à l’intégrer à un projet d’hôtel; ces travaux ont affecté ses fondations et requis des interventions d’urgence de stabilisation suscitant une vive préoccupation du public comme des spécialistes.

À l’heure actuelle, la priorité est de sauver et restaurer la maison Mount Stephen en mettant les meilleures expertises à son chevet. Héritage Montréal a ainsi proposé à la ministre Hélène David, à la Ville de Montréal et ainsi qu’aux propriétaires de faire appel à des experts indépendants, reconnus pour leur connaissance « médicale » du patrimoine de cette époque. Une fois la maison sauvée et revitalisée dans le respect de son intégrité patrimoniale, nous verrons comment tirer des enseignements pour prévenir la répétition d’une telle crise. Déjà, nous avons recommandé que, pour des constructions patrimoniales d’une telle valeur et sensibilité, les autorités s’assurent de la qualité des expertises retenues par les propriétaires dès le début du projet et tout au long de sa réalisation.

Le Mount Stephen Club se fissure
Mount Stephen Club : Le maire Coderre veut avoir des réponses
Mount Stephen Club : Les propriétaires promettent de réparer les dégâts
Communiqué du MCCQ

1 février 2016

Une nouvelle vocation pour la bibliothèque Saint-Sulpice

Le 31 janvier dernier, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, et le maire de Montréal, Denis Coderre, ont annoncé que l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, dont la mise en vente dans une petite annonce sur le site web du ministère des Transports avait été suspendue en 2015, retournera à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. L’édifice sera restauré et retrouvera sa vocation originale en plus de devenir lieu de consultation et création pour les adolescents.

Héritage Montréal félicite le gouvernement et la Ville pour cette heureuse solution et remercie le groupe conseil co-présidé par Michelle Courchesne et Claude Corbo pour y avoir fortement contribué. Nous notons aussi la recommandation de ce groupe sur la question générale des édifices patrimoniaux du gouvernement. Nous espérons vivement que le gouvernement y donne suite car, il faut se doter de mécanismes intelligents pour éviter d’être constamment dans des situations de crises qui suscitent l’indignation générale.

La bibliothèque Saint-Sulpice accueillera un espace pour les jeunes
Une nouvelle vie pour la Bibliothèque Saint-Sulpice
Rapport Courchesne-Corbo