Résolutions

  • 2017
  • 2016
  • 2015
  • 2014
  • 2013

2017

01 – Appuyant les démarches de la Ville de Montréal pour une reconnaissance internationale du paysage culturel du mont Royal

Considérant l’intérêt patrimonial du mont Royal et plus particulièrement de l’ensemble des propriétés institutionnelles et civiques qui forment son noyau,

Considérant que ce patrimoine illustre notamment deux principes de grande importance à l’échelle métropolitaine, nationale et internationale que sont la relation Nature-Culture, et le vivre ensemble,

Considérant qu’Héritage Montréal a, depuis 1995, initié ou participé à des réflexions sur la reconnaissance internationale d’éléments du patrimoine montréalais, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO, et que son Assemblée générale a adopté la résolution 2015-03 invitant le gouvernement fédéral à inclure l’ensemble civique et institutionnel du mont Royal dans la prochaine liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada,

L’Assemblée générale des membres d’Héritage Montréal

  • Salue l’initiative du Maire de Montréal et de la Ville de Montréal de soumettre une proposition de candidature pour inclure le paysage culturel du Mont-Royal sur la liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada dans le cadre de l’appel lancé publiquement en juillet 2016 par le gouvernement fédéral;
  • Salue les consensus de la Table de concertation du Mont-Royal et les efforts des partenaires en faveur de cette proposition, notamment la campagne menée par Les amis de la montagne qui a permis de récolter plus de 33 000 appuis, et
  • Appuie la Ville de Montréal et la candidature du paysage culturel du Mont-Royal pour la liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada et offre l’entière collaboration d’Héritage Montréal à cette fin

02 – Sur les processus de concertation et de planification en amont pour améliorer les projets de développement immobilier

Considérant les démarches de consultation et de planification entreprises en 2016 par le gouvernement fédéral et la Société immobilière du Canada, à l’occasion du 30e anniversaire des consultations sur le Vieux Port de Montréal, pour donner une vision et un plan directeur au territoire du Vieux-Port et de la Pointe-du-Moulin qui inclut le site du Silo n°5,

Considérant les efforts de concertation et les démarches d’idéation engagés par la Ville de Montréal dans la foulée de son entente avec la communauté des religieuses hospitalières de Saint-Joseph pour l’acquisition de leur couvent et de son verger à l’Hôtel-Dieu de Montréal, la démarche communautaire entourant le projet collectif de Communauté Saint-Urbain pour la réaffectation de la partie hospitalière de l’Hôtel-Dieu et les démarches de planification concertée menées par l’Université McGill dans l’évaluation de la faisabilité d’un projet de réaffectation universitaire du site de l’ancien hôpital Royal Victoria,

Considérant la valeur de l’initiative du ministre de la Culture et des Communications du Québec, M. Luc Fortin, pour établir un dialogue constructif réunissant le propriétaire investisseur, Héritage Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et la Ville de Montréal ainsi que l’arrondissement de Ville-Marie, en préparation du classement de la Maison Alcan et de la reconnaissance de sa valeur patrimoniale comme facteur d’élaboration d’un projet de revitalisation pertinent,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal

  • Souligne l’intérêt de telles démarches de concertation et de planification qui témoignent d’une volonté de travailler ensemble et de l’importance de mieux les documenter et les partager pour renforcer un modèle montréalais d’élaboration de projets immobiliers qui intègrent, mettent en valeur et enrichissent le patrimoine de la métropole;
  • Demande à ce que de telles expériences servent à développer, avec les acteurs économiques, académiques et professionnels, un cadre montréalais de concertation en amont plutôt qu’en réaction, dans un esprit de collaboration, d’ouverture et de transparence;
  • Propose la création d’un groupe de travail mixte pour définir les termes et le modus operandi d’un tel modèle montréalais de concertation en amont et d’élaboration des projets sur des sites comportant des dimensions ou enjeux patrimoniaux, et
  • Offre l’entière collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

03 – Sur la protection et la mise en valeur du patrimoine du Sault-au-Récollet et des autres noyaux villageois et ensembles patrimoniaux riverains de la métropole

Considérant que 2017 marque le 25e anniversaire de la désignation de l’ancien village du Sault-au-Récollet comme site du patrimoine par la Ville de Montréal compte tenu de sa valeur comme ensemble patrimonial exceptionnel et l’un des noyaux villageois riverains les plus importants de la région métropolitaine au plan historique et, avec le Vieux Boucherville qui souligne cette année son 350e anniversaire, les mieux conservés,

Considérant qu’Héritage Montréal, avec l’appui du conseil de l’arrondissement d’Ahunstic-Cartierville, a adressé une demande de désignation de cet ensemble comme lieu historique par le gouvernement fédéral, en complément aux reconnaissances semblables dont jouissent les territoires de Senneville, Westmount et Ville Mont-Royal ainsi que le boulevard Saint-Laurent – La «Main»,

Considérant les pressions immobilières sur cet ensemble patrimonial et sur les autres noyaux patrimoniaux en rive qui mettent en cause leur identité paysagère ainsi que d’autres dimensions patrimoniales dont l’archéologie comme on le note dans l’actuel dossier du site présumé de l’ancien Fort Lorette qui fait l’objet de fouilles exploratoires dont le rapport n’est pas encore publié,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que

  • La Ville de Montréal, sa direction du patrimoine en collaboration avec l’arrondissement d’Ahunstic-Cartierville et le Conseil du patrimoine de Montréal, et avec la contribution des organismes en patrimoine et du ministère de la Culture et de Communications, prépare diligemment un plan de conservation, de protection et de mise en valeur du site patrimonial de l’ancien village du Sault-au-Récollet qui intègre les dimensions paysagères, architecturales, archéologiques et sociales de cet ensemble exceptionnel;
  • La Ville de Montréal procède à l’acquisition et à l’intégration au domaine public du site présumé de l’ancien Fort Lorette si les sondages archéologiques en cours en confirmaient l’importance sur des bases scientifiques reconnues;
  • Le plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) ainsi que les schémas d’aménagement, les plans et règlements d’urbanisme qui en découlent ainsi que les plans de mesures d’urgence ou de protection suite aux inondations ayant touché la région métropolitaine cette année, reconnaissent les noyaux villageois et les ensembles patrimoniaux en rive et adoptent des mesures spécifiques pour assurer le maintien de leur identité paysagère et de l’intégrité et l’appréciation de leur patrimoine bâti, aménagé, archéologique ou naturel.

04 – Sur les arbres comme éléments de l’aménagement, du paysage urbain et du patrimoine de la métropole et de ses quartiers

Considérant l’intérêt de plus en plus marqué de la population et des membres d’Héritage Montréal pour la qualité de l’aménagement et pour la personnalité du paysage urbain des quartiers comme dimension du cadre de vie au service des gens de tous âges qui habitent, travaillent ou se promènent dans les quartiers comme au centre-ville,

Considérant l’important rôle des arbres matures – les arbres sur rue, les arbres de parcs ou ceux qui participent d’ensembles institutionnels ou de jardins anciens comme celui de la maison Notman – comme composante de l’identité et l’architecture du paysage urbain des quartiers et des grandes rues de la métropole,

Considérant les déficiences liées aux pratiques d’entretien et les menaces que font peser sur ce patrimoine urbain, les changements climatiques, des infestations comme celle de l’agrile du frêne ou encore des visions de développement urbain prônant une densification ou un usage intensif sans considération suffisante pour les qualités du milieu et pour le patrimoine,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que

  • Les arbres matures des rues et des quartiers de la métropole soient reconnus comme partie du patrimoine et de l’identité du paysage urbain, et qu’ils soient traités selon les meilleures pratiques et avec les expertises paysagères requises, tant par les programmes d’entretien et de remplacement adéquat que par des outils d’urbanisme et d’aménagement, y compris les politiques de densification ou les éventuelles «zones de requalification» proposées dans le projet de loi 122 visant à reconnaître les municipalités comme gouvernements de proximité, appliqués avec les expertises en patrimoine et paysage;
  • Les programmes d’évaluation et de remplacement des arbres de propriété publique ou privée dans le cadre de l’actuelle lutte contre l’agrile du frêne soient menés en tenant compte de leurs dimensions patrimoniales et paysagères avec les expertises nécessaires et ce, autant dans les quartiers que dans de grands ensembles ou sites patrimoniaux comme le mont Royal ou le parc Jean Drapeau;
  • La réflexion sur l’amélioration des ensembles au cœur des quartiers – églises et lieux de culte ou communautaires, écoles, propriétés institutionnelles, etc. – comprennent non seulement des outils concrets de financement pour la conservation de ces édifices et sites patrimoniaux d’utilité collective, mais aussi des programmes de plantation d’arbres et de suivi qui améliorent la qualité de l’environnement urbain immédiat en tenant compte et en respectant les dimensions architecturales et paysagères de ces ensembles.

05 – Sur la place du patrimoine dans les politiques culturelles et dans le futur Plan d’action patrimoine de la Ville de Montréal

Considérant que 2017 marque le 25e anniversaire de la Politique culturelle du Québec et le 25e anniversaire du Plan d’urbanisme de Montréal – un instrument en avance sur son époque et un legs majeur du 350e anniversaire de Montréal qui a aidé à réconcilier le développement avec le patrimoine et le paysage urbain,

Considérant que Montréal a été, en 2005, la première métropole canadienne, voire nord-américaine, à s’être dotée d’une politique du patrimoine au terme d’un processus élargi de réflexion et de consultation publique et que la Ville de Montréal a mené en 2016 des ateliers, desquels se sont dégagées certaines orientations formulées dans le projet de Plan d’action Patrimoine 2017-2022,

Considérant que le ministre de la Culture et des Communications a tenu des consultations sur le renouvèlement de la Politique culturelle du Québec et que la Ville de Montréal a tenu des consultations sur ses projets de Plan d’action Patrimoine et de Politique de développement culturel auxquelles Héritage Montréal a participé et pour lesquels elle a déposé des mémoires substantiels avançant plusieurs propositions face aux enjeux actuels et futurs du patrimoine au Québec et à Montréal,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que

  • Les politiques culturelles et les instruments d’aménagement et d’urbanisme ainsi que les grands projets d’investissement et d’infrastructure reconnaissent le patrimoine, le territoire, l’architecture, le paysage et l’archéologie comme éléments porteurs d’identité et de créativité, et vecteurs de développement culturel, économique et social;
  • Des mécanismes mixtes – gouvernement, municipalités, propriétaires, organismes en patrimoine, universitaires et chercheurs – soient créés pour accompagner la mise en œuvre de ces politiques et de leurs plans d’action et pour favoriser l’émergence de solutions à la montréalaise suite à des expériences comme celle de la Maison Alcan;
  • Des groupes de travail sur le financement et les mesures fiscales aux niveaux du Québec, de Montréal et de la région métropolitaine soient mis sur pied pour définir, comme c’est fait dans le domaine des arts ou de certaines industries, une stratégie et des mesures fiscales et financières incitatives en soutien à la protection, l’entretien, la réaffectation et la mise en valeur du patrimoine bâti et paysager, et l’exploration de l’application d’outils de stratégie foncière comme la fiducie ou l’emphytéose;
  • L’expertise en patrimoine soit reconnue, tant chez les professionnels et fonctionnaires que dans les Comités consultatifs en urbanisme (CCU), y compris celle détenue par les organismes en patrimoine comme Héritage Montréal;
  • La gouvernance montréalaise en matière de patrimoine soit modernisée pour confirmer la pérennité du Conseil du patrimoine, établir une véritable Direction du patrimoine et constituer une instance permanente de concertation de la métropole avec les acteurs des secteurs publics, privés et académiques, et les organismes comme Héritage Montréal.

2016

01 – Les actions contribuant significativement à l’amélioration du patrimoine de Montréal et de la région métropolitaine

Considérant l’importance que revêtent certaines actions et certains gestes posés au cours de la dernière année et leur contribution significative à l’amélioration du bilan montréalais et métropolitain en matière de patrimoine, à la résolution d’enjeux ou à la mise en place de conditions propices à l’émergence de solutions et de projets novateurs qui assurent la conservation et la mise en valeur vivante de bâtiments, de sites, d’ensembles ou de paysages d’intérêt patrimonial de Montréal et de la région métropolitaine,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal souligne et félicite

  • La Ville de Montréal pour sa collaboration avec les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph et son intention d’acquérir leur ensemble conventuel, y compris les vergers, du site de l’Hôtel-Dieu, tel que le Maire Denis Coderre et la supérieure générale de la congrégation, Sœur Marie-Thérèse Laliberté, en ont fait l’annonce le 16 mai 2016;
  • La Communauté métropolitaine de Montréal pour l’organisation d’une conférence thématique sur les aires métropolitaines dans laquelle l’importance de la participation de la société civile ainsi que la valeur identitaire du patrimoine et des paysages ont été reconnues comme éléments du développement durable des métropoles et inscrits dans la Déclaration de Montréal qui en est issue et qui sera discuté à la conférence ONU Habitat III à Quito, Équateur, du 17 au 20 octobre 2016;
  • Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal pour leur collaboration fructueuse dans l’identification, par un processus mené par Mme Michelle Courchesne et M. Claude Corbo, et dans la mise en œuvre d’une vocation pérenne pour l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, édifice hautement patrimonial d’une intégrité architecturale remarquable, dont la ministre de la Culture, Mme Hélène David, avec le ministre des Finances, M. Carlos Leitão, et le Maire de Montréal, Denis Coderre ont annoncé qu’il serait confié à Bibliothèque et archives nationales du Québec pour en faire un lieu de conservation et d’accessibilité au patrimoine et d’exploration des nouvelles technologies par la jeunesse,
  • La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Hélène David, pour avoir émis un avis d’intention de classement pour l’ensemble du Complexe de la Maison Alcan le 2 novembre 2015, à titre d’exemple novateur d’intégration architecturale, de jalon important de l’histoire de la conservation du patrimoine bâti au Québec et au Canada et d’exemple de densification réussie dans le centre-ville de Montréal, et de le doter d’une aire de protection couvrant l’ensemble de cet îlot et notamment l’ancien Winter Club,
  • Le gouvernement fédéral pour le rehaussement substantiel du budget de l’Agence Parcs Canada et plus particulièrement l’investissement de 170M$ dont la ministre de l’Environnement et des Changements climatiques, l’honorable Catherine McKenna, a fait l’annonce le 29 mars pour la réparation du canal de Lachine, lieu historique national de grande importance, et des autres canaux historiques au Québec.

Et offre la collaboration d’Héritage Montréal à ces autorités pour donner suite à ces gestes importants pour le patrimoine.

02 – La gouvernance en matière de protection et de mise en valeur du patrimoine et des paysages

Considérant certains cas problématiques de la dernière année dont ceux des vestiges de l’ancien village des tanneries à Saint-Henri, exhumés méthodiquement puis détruits pour le projet gouvernemental de réfection de l’échangeur Turcot, de la maison Mount Stephen, bien patrimonial classé gravement endommagé lors de travaux pourtant autorisés, de la Maison Alcan qu’un projet de densification allait dépouiller de sa valeur d’ensemble avant-gardiste, du parc Rutherford dans le site patrimonial du Mont Royal où un terrain multisport éclairé sera réalisé par l’arrondissement de Ville-Marie avec des fonds du gouvernement du Québec et de l’Université McGill, et de la Montreal Works à Ahuntsic, édifice du patrimoine industriel de la Seconde Guerre mondiale que la Ville de Montréal a acquis pour le démolir et utiliser son site,

Considérant le nombre croissant de bâtiments ou de sites patrimoniaux de propriété publique ou privée, perçus par la population ou révélés par les médias comme vulnérables du fait de l’insensibilité apparente au patrimoine des décisions qui les affectent, dont leur mise en vente inconditionnelle et de l’application strictement procédurale du cadre réglementaire,

Considérant que le régime actuel de gestion et de gouvernance du patrimoine repose trop souvent sur une approche limitée, généralement réactive, coercitive, voire méfiante à l’égard des propriétaires, alors qu’elle gagnerait à être davantage proactive, dynamique, partenariale et préventive, centrée sur l’amélioration de l’état du patrimoine par son entretien, sa conservation, sa protection sécuritaire, sa mise en valeur et, lorsque nécessaire, sa réaffectation,

Considérant le besoin urgent de cohérence, d’harmonisation et de modernisation intelligente du cadre d’action en patrimoine, tant pour rendre sa protection plus efficace que pour assurer sa mise en valeur et sa revitalisation, et les opportunités que représentent à cette fin, les principes de la loi québécoise du développement durable (2006), les démarches actuelles de mise à jour de la politique culturelle de 1992 par le gouvernement du Québec et de la politique du patrimoine de 2005 par la Ville de Montréal, ainsi que la réforme attendue de la loi sur l’aménagement et l’urbanisme ou l’adoption d’une loi sur la métropole,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que

  • Le gouvernement et les instances métropolitaines et municipales, notamment la Ville et l’agglomération de Montréal, soient dotés d’un mécanisme transparent et intelligent de suivi de l’état du patrimoine; par exemple, sous forme d’un bilan ou rapport annuel avec indicateurs qualitatifs et quantitatifs de suivi – un « Indice Patrimoine », produit par une instance compétente, indépendante et non partisane comme le Conseil du patrimoine ou un Commissaire au patrimoine culturel, chargée de formuler des recommandations,
  • Ces mécanismes soient intégrés aux politiques et plans d’action du Québec, de Montréal et des villes de la région métropolitaine, en matière de culture et de patrimoine ainsi qu’au cadre législatif actuel ou futur, notamment sur le patrimoine, sur l’aménagement et l’urbanisme et sur le statut de métropole, y compris la Charte de la Ville de Montréal.

Et offre à cette fin aux instances gouvernementales, montréalaises et métropolitaines, la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

03 – La reconnaissance de la compétence et de l’expertise spécifique pour la protection et mise en valeur du patrimoine

Considérant la grande diversité de bâtiments, de sites, d’ensembles ou de paysages d’intérêt patrimonial reconnu ou potentiel à Montréal et dans la région métropolitaine et, conséquemment, l’importance de veiller au maintien de ce patrimoine en bon état, et ce, tant dans une perspective culturelle et identitaire que de développement économique et durable,

Considérant les enseignements qu’il est possible de tirer de plusieurs situations problématiques dont celle de la maison Mount Stephen, où l’élaboration de projets, leur évaluation et leur autorisation n’a pas adéquatement pris en compte l’objectif d’assurer le maintien de l’intégrité physique de bâtiments ou de sites patrimoniaux réels, faute d’une reconnaissance du besoin d’expertise et de qualifications spécifiques en patrimoine,

Considérant la préoccupation historique d’Héritage Montréal pour l’éducation et la formation en patrimoine, celles des propriétaires autant que celles des professionnels, et notre contribution au rehaussement de la compétence des intervenants par nos cours de rénovation et restauration domiciliaires ou par notre collaboration avec l’Université de Montréal et son École d’architecture pour mettre sur pied le premier programme de maîtrise en conservation de l’environnement bâti au Canada ouvert en 1987,

Considérant l’existence des Normes et lignes directrices pour la conservation des lieux historiques au Canada produites par des experts reconnus et endossés par l’ensemble des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, y compris le Québec en vue de leur application aux projets touchant des bâtiments, des sites archéologiques, les paysages et les ouvrages de génie civil,

Considérant la reconnaissance par les organisations professionnelles de certaines expertises spécialisées et compétences spécifiques comme celles associées aux principes et pratiques soutenant le développement durable ou la prise en compte de préoccupations environnementales,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • Les autorités responsables de l’évaluation et l’autorisation de projets affectant ou pouvant affecter l’intégrité physique et l’état de conservation d’un bâtiment ou site patrimonial reconnu ou présentant l’intérêt de l’être, reconnaissent le besoin et exigent l’engagement de professionnels dont l’expertise en conservation, rénovation, entretien ou autre forme d’intervention sur le patrimoine est démontrée et à jour,
  • Les expertises en intervention sur le patrimoine bâti ou paysager soient reconnues comme champs d’expertise spécialisée et compétences spécifiques dans le régime d’encadrement des professions d’architecte, d’urbaniste, d’architecte paysagiste et d’ingénieur et qu’elles soient soutenues par l’éducation et la formation continue.

Et offre la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

04 – La prise en compte des impacts de projets, de programmes et d’investissements publics sur le patrimoine et les paysage

Considérant l’existence à Montréal et dans la région métropolitaine d’un patrimoine diversifié et dense dont plusieurs ensembles protégés par décision du gouvernement du Québec tel que les sites patrimoniaux déclarés du Vieux-Montréal, du Mont-Royal et du Vieux La Prairie ainsi que des édifices, ensembles et paysages d’intérêt identifiés dans les instruments d’urbanisme ou dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD),

Considérant que d’importants investissements seront faits par les gouvernements et les administrations régionales et municipales à Montréal et dans la région métropolitaine au cours des prochaines années, notamment pour corriger un entretien insuffisant ou différé, moderniser les infrastructures de transport et soutenir le développement sur des principes contemporains,

Considérant les principes énoncés dans la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO (1972) dont le Canada est un des 191 États parties, qui encourage l’adoption de politiques reconnaissant le rôle du patrimoine dans la vie collective et intégrant sa protection dans les programmes de planification générale,

Considérant l’intérêt d’expériences comme celle du National Historic Preservation Act, Section 106 aux États-Unis, de la Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers et du Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine au Canada et celle, récente, mais exemplaire, de l’intégration volontaire par le gouvernement fédéral des questions de qualité architecturale et de paysage soulevées notamment par les membres d’Héritage Montréal dans la reconstruction du pont Champlain, en mandatant des architectes et ingénieurs réputés pour élaborer un design obligatoire et en se dotant d’un comité consultatif pour voir à sa réalisation,

Considérant que la protection du patrimoine culturel constitué de biens, de lieux, de paysages et d’éléments immatériels et reflétant l’identité d’une société, est reconnu comme principe de la loi sur le développement durable adoptée en 2006 pour assurer la cohérence de l’action gouvernementale au Québec,

Considérant l’opportunité que représente l’actuelle mise à jour des politiques du Québec et de Montréal en matière de culture et de patrimoine pour une meilleure cohérence entre les engagements internationaux, les obligations nationales ou locales, les projets et les pratiques,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que

  • Les dépenses publiques du gouvernement et des administrations comme les municipalités, les commissions scolaires ou les institutions des réseaux de la santé ou de       l’éducation, fassent l’objet d’une évaluation quant à leurs impacts sur les bâtiments, sites ou paysages patrimoniaux reconnus ou présentant le potentiel de l’être,
  • Les programmes publics d’investissement, notamment dans les infrastructures et le transport, soient dotés d’objectifs concrets en matière d’intégration urbaine, de mise en valeur du patrimoine et de qualité d’architecture et d’aménagement,

Et offre la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

 

2015

01 – L’avenir du Parc Jean-Drapeau

Considérant la grande valeur patrimoniale et urbanistique du parc Jean-Drapeau qui comprend l’île Sainte-Hélène, le premier grand parc montréalais inauguré en 1874 pour la population et en partie constituée en site du patrimoine par la Ville de Montréal en 2007,

Considérant les enjeux nombreux de conservation et de mise en valeur du patrimoine diversifié de ce territoire que soulèvent depuis plusieurs années les orientations de l’administration municipale et les projets de la société qui gère ce parc pour la Ville de Montréal,

Considérant les préoccupations exprimées par Héritage Montréal, notamment quant à l’avenir incertain de la Place des Nations et de l’ancien pavillon des États-Unis à Expo 67,

Considérant que le Plan directeur de mise en valeur et de développement du Parc des îles adopté par la Ville de Montréal en 1993 n’a pas encore été actualisé malgré plusieurs tentatives dont certaines auxquelles Héritage Montréal a été invité à contribuer,

Considérant les événements récents associés à la gestion du parc et le report des projets de mise en valeur programmés en vue des anniversaires de 2017 (375e de Montréal, 150e du Canada et 50e d’Expo 67), notamment de la restauration de la Place des Nations, ainsi que les vives préoccupations soulevées dans la population par l’évocation de projets de privatisation de partie de ce territoire,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que la Ville de Montréal :

  • Mandate les services municipaux et l’Office de consultation publique de Montréal pour engager une démarche de mise à jour du plan directeur de 1993 avec la collaboration de la Société du Parc Jean-Drapeau et du Conseil du patrimoine de Montréal ainsi que la tenue de consultations publiques indépendantes sur les orientations et sur les modalités d’un nouveau plan directeur,
  • Intervienne auprès du gouvernement du Québec pour que le statut particulier du parc Jean-Drapeau soit garanti par son enchâssement dans la Charte de la Ville de Montréal de manière analogue à ce dont bénéficie le parc du Mont-Royal,
  • Engage un projet de remise en état de la Place des Nations et d’animation en vue du 50anniversaire d’Expo 67 en 2017.

Et offre à la Ville de Montréal et à la Société du Parc Jean-Drapeau, la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

 

02 – Les mesures incitatives pour l’investissement dans le patrimoine

Considérant l’importance du défi de conservation, de réaffectation et de mise en valeur du patrimoine bâti, notamment les ensembles institutionnels ou industriels de la région métropolitaine,

Considérant la nécessité d’engager davantage les propriétaires et les investisseurs en réponse à ce défi en créant un contexte favorable et incitatif à cette fin,

Considérant le cadre général offert par les lois québécoises sur le développement durable (2006) et sur le patrimoine culturel (2011) ainsi que les réflexions sur la reconnaissance d’un futur statut de métropole et sur la réforme de la loi sur l’aménagement et l’urbanisme mais aussi les travaux menés par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux dans le cadre de l’initiative sur les lieux patrimoniaux lancée par Parcs Canada en 2001,

Considérant la valeur des investissements faits pour la conservation, la revitalisation, la requalification et la mise en valeur du patrimoine et leur impact économique et social, y compris en termes touristiques, dont de nombreuses juridictions ailleurs dans le monde, en particulier aux États-Unis et en Europe, ont pris acte et, pour soutenir cet investissement, ont mis en place des mesures incitatives, en particulier de nature fiscale, et des modes de détention et de gouvernance au service de l’intérêt public et du développement durable,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande :

  • Que les gouvernements du Québec et du Canada adoptent des mesures fiscales incitatives pour soutenir et accélérer l’investissement autre que du secteur public dans le patrimoine bâti, sa conservation, sa revitalisation et sa mise en valeur,
  • Que l’actuelle loi québécoise sur le patrimoine culturel et que les futures lois sur le statut de métropole ainsi que sur l’aménagement du territoire et l’urbanisme incorporent de telles approches stratégiques, notamment eu égard à la réaffectation du domaine institutionnel patrimonial.

Et offre la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.

03 – L’action du gouvernement fédéral en patrimoine et aménagement à Montréal

Considérant la présence à Montréal, d’une concentration exceptionnelle à l’échelle du Canada de bâtiments et de lieux portant une désignation patrimoniale fédérale et la valeur patrimoniale et urbanistique de plusieurs propriétés du gouvernement fédéral ou de ses sociétés et agences, notamment les casernes militaires, certains bureaux de poste, les ponts Jacques-Cartier et Champlain ainsi que les sites de Parcs Canada dont le canal de Lachine et de la Société immobilière du Canada dont le Vieux-Port et la Pointe du Moulin qui feront l’objet d’un processus de planification et de consultation publique en vue de 2017,

Considérant que le Canada est partie à la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1976, qu’il a grandement contribué à son développement comme instrument exceptionnel de collaboration internationale et qu’il a publié en 2004, une liste indicative de sites proposés pour la liste du patrimoine mondial sur laquelle ne figure aucun site montréalais,

Considérant que 2017 marquera le 150e anniversaire de la confédération canadienne et le 50eanniversaire d’Expo 67, principale activité de rayonnement international réalisée par le gouvernement du Canada pour le centenaire de la confédération dont le legs comprend plusieurs éléments majeurs du patrimoine architectural comme Habitat 67, la Place des Nations et le pavillon des États-Unis qui ne bénéficient actuellement d’aucune désignation fédérale,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande au gouvernement du Canada de :

  • Désigner, en vue de leur 50e anniversaire en 2017, Expo 67 comme événement historique d’importance nationale et Habitat 67, la Place des Nations et le pavillon des États-Unis comme lieux historiques nationaux;
  • Inclure un ou des sites montréalais – par exemple, Habitat 67 et les ensembles institutionnels et civiques du mont Royal – dans la prochaine liste du Canada pour la Convention du patrimoine mondial en engageant les collaborations nécessaires avec les autorités du Québec et de Montréal et la communauté pour assurer l’élaboration de dossiers aptes à apporter une reconnaissance internationale à ces sites;
  • Assurer la capacité, financière notamment, des instances fédérales comme l’Agence Parcs Canada, d’accomplir pleinement leur mission de conservation et de mise en valeur des sites et bâtiments patrimoniaux dont elles ont charge et, à cette fin, de maintenir l’expertise nécessaire et l’aptitude à collaborer avec les autorités québécoises, montréalaises et métropolitaines et les organismes comme Héritage Montréal,
  • Relancer les travaux pour doter la confédération canadienne d’un cadre stratégique d’intervention en patrimoine comprenant d’une fiscalité incitative pour encourager, soutenir et accélérer l’investissement privé dans les projets de conservation, de revitalisation et de mise en valeur des lieux et bâtiments patrimoniaux.

Et offre aux autorités fédérales la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin dans l’esprit de notre collaboration avec la Société immobilière du Canada pour l’avenir du Silo 5 et avec Infrastructure Canada sur la qualité architecturale du nouveau pont Champlain.

 

2014

01. La réhabilitation des bâtiments vacants patrimoniaux

Considérant le précédent inquiétant créé par l’autorisation en 2013 par l’arrondissement de Ville-Marie de démolir la maison Redpath pour la réalisation d’un projet de dortoir pour étudiants apparemment conforme à la réglementation et ce, sans considération appréciable pour le caractère patrimonial de l’avenue du Musée,

Considérant les questions soulevées par ce dossier apparenté à de la « démolition par négligence » et par d’autres dont celui de l’îlot Saint-Laurent qui mettent en question tant l’application de la réglementation montréalaise relative au maintien des bâtiments en bon état que la désignation des bâtiments vacants qui présentent un intérêt patrimonial, dans le cadre de la réforme attendue de l’actuelle loi sur l’aménagement et l’urbanisme,

Considérant la résolution CM14 0311 du Conseil municipal adoptée à l’unanimité le 25 mars 2014 avec l’appui du Maire de Montréal invitant les arrondissements à répertorier les bâtiments patrimoniaux vulnérables et demandant aux services centraux de préparer des outils afin de prévenir leur perte et de soutenir activement leur réhabilitation,

Considérant l’intérêt d’initiatives comme celles de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal pour amener la restauration du bâtiment victorien abandonné angle Saint-Laurent / des Pins et de l’arrondissement de Ville-Marie pour créer un inventaire des bâtiments vacants sur son territoire,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que la Ville de Montréal :

  • Déploie les moyens nécessaires pour constituer et garder à jour avec le concours des arrondissements et du Conseil du patrimoine de Montréal, un répertoire montréalais unifié des bâtiments d’intérêt patrimonial à risque notamment du fait de leur négligence, désaffectation ou abandon par leur propriétaire;
  • Applique avec rigueur les outils qu’elle possède déjà, tel le règlement 07-034 sur l’entretien des bâtiments, et développe les moyens d’action pour intervenir rapidement afin d’éviter la dégradation de ces bâtiments et pour amener leur réhabilitation au bénéfice de leur environnement urbain et du patrimoine montréalais.

 

02. La protection et la mise en valeur du Mille Carré

Considérant la valeur emblématique du Mille carré (dit « doré ») dans l’histoire de Montréal, du Québec et du Canada par son aménagement, la concentration de sites et de bâtiments patrimoniaux ainsi que la présence de plusieurs lieux associés à la naissance d’une action moderne de reconnaissance et sauvegarde du patrimoine architectural et urbain,

Considérant que ce territoire et son paysage urbain ne bénéficient pas encore d’une reconnaissance nationale de leur intérêt contrairement à plusieurs secteurs adjacents comme le mont Royal et le site du Grand Séminaire et Collège de Montréal, tous deux déclarés sites patrimoniaux par le gouvernement du Québec,

Considérant les enseignements qu’on doit tirer de plusieurs cas récents dont ceux de la démolition de la maison Redpath, de la densification d’anciennes résidences comme la maison Mount Stephen et le 1500, avenue du Dr Penfield ainsi que les projets successifs d’agrandissement du musée des beaux-arts ou l’annonce de la fermeture prochaine du magasin Holt Renfrew de l’avenue Sherbrooke,

Considérant les intentions des universités McGill et Concordia de se départir de plusieurs maisons patrimoniales qu’elles occupent dans le cadre de projets de redéploiement de leurs activités au centre-ville et les risques que cela pourrait faire courir à un important patrimoine faute de mesures préalables assurant sa protection et sa mise en valeur, y compris les nombreux décors intérieurs remarquables qui y ont été préservés,

Considérant l’enjeu majeur associé à l’avenir du domaine institutionnel patrimonial dans ce territoire (voir notre résolution 2013/02) touchant notamment les ensembles hospitaliers – Royal Victoria, Shriners, hôpital pour enfants, hôpital général de Montréal – et les ensembles conventuels comme le Grand Séminaire ou la maison-mère des Sœurs Grises, heureusement intégrée au campus de l’université Concordia,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande :

  • Qu’un statut de reconnaissance nationale soit accordé au Square Mile / Mille carré dont le territoire est délimité au Nord par le parc du Mont-Royal, à l’Est par l’avenue du Parc, au Sud par la voie ferrée menant à la gare Windsor puis le boulevard René-Lévesque et à l’Ouest par l’avenue Atwater, et que son application soit faite en étroite collaboration avec la Ville de Montréal;
  • Que ce statut soit complété de mesures concrètes de protection et de mise en valeur qui assurent une véritable prise en compte des enjeux de patrimoine dans les outils de planification et de réglementation comme dans la prise de décision, ainsi qu’une protection efficace des bâtiments, sites et intérieurs d’intérêt patrimonial.

 

03. La préservation et la mise en valeur des panoramas publics

Considérant l’historique des actions menées par les Montréalais et plusieurs instances municipales pour préserver certains panoramas dans l’intérêt de la métropole et de sa personnalité propre, à commencer par les efforts convergents de la société civile et de la Ville de Montréal qui aboutirent en 1876 à l’inauguration du parc du Mont-Royal dont le concept d’aménagement imaginé par Frederick Law Olmsted, accordait une grande importance à l’expérience paysagère et aux panoramas encadrés,

Considérant le 30e anniversaire en 2014 de l’affaire McGill College dans laquelle Héritage Montréal a joué un rôle clé pour préserver et amplifier un panorama urbain vers la montagne,

Considérant la préoccupation croissante, ici comme ailleurs dans le monde pour la valeur patrimoniale des paysages urbains, des panoramas et des liens visuels d’intérêt public dont certains sont essentiels à l’identité des territoires comme ceux de notre métropole,

Considérant la vague de constructions de grande hauteur au centre-ville et dans certains secteurs voisins tels que les abords du Vieux Montréal, Griffintown ou la pointe Nord de l’île des Sœurs, souvent encouragée par les pouvoirs publics sans considération suffisante pour leurs impacts sur les panoramas et sur les liens visuels publics, avec pour conséquence une rapide érosion du paysage public et la privatisation accélérée des vues d’intérêt,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • La Ville de Montréal, l’agglomération et la Communauté métropolitaine de Montréal poursuivent le travail accompli, notamment pour le mont Royal, et procèdent avec l’aide d’instances telles que le Conseil du patrimoine de Montréal et des organismes de la société civile à un inventaire des panoramas d’intérêt public, notamment ceux reliant les mont Royal et les autres collines montérégiennes, le fleuve et les plans d’eau de la région métropolitaine ainsi que les secteurs et repères patrimoniaux comme le Vieux Montréal, le parc Jean Drapeau, les ponts et certains monuments d‘architecture,
  • La préservation et la mise en valeur – notamment par l’accessibilité, l’aménagement de qualité et l’interprétation – des panoramas d’intérêt public soient inscrits comme objectifs des outils de planification dont le Schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération, le Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal ainsi que le Plan métropolitain d’aménagement et de développement, et qu’elles fassent l’objet de mesures spécifiques dans les réglementations et les programmes d’aménagement.

 

04. L’office de consultation publique de Montréal

Considérant que la création de l’Office de consultation publique de Montréal est enchâssée dans la Charte de la Ville de Montréal que le gouvernement du Québec et l’Assemblée nationale ont adoptée pour aider au développement harmonieux et durable de la métropole, notamment suite à des demandes formulées par des organismes dont Héritage Montréal,

Considérant le travail remarquable accompli par l’Office pour aider la population à comprendre et commenter substantiellement les enjeux soulevés par une grande diversité de projets depuis sa constitution par la Ville de Montréal en 2002, notamment sous la présidence de Louise Roy qui termine son mandat le 19 juin prochain sans qu’une succession ne lui ait été encore assurée,

Considérant les défis complexes de développement et de revitalisation urbaine auxquels la Ville de Montréal et ses arrondissements devront faire face au cours des prochaines années et, dans ce contexte, de la nécessité de pouvoir compter tant sur une expertise municipale de qualité que sur des processus crédibles, prévisibles et indépendants de consultation publique afin d’éclairer la prise de décision sur des projets comme sur des éléments de nature prospective,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • La Ville de Montréal mette tous les moyens en œuvre pour maintenir et amplifier la mission de l’Office de consultation publique de Montréal et son intégrité en lui assurant une nouvelle présidence à la hauteur du travail accompli et de la crédibilité reconnue par la société montréalaise à cette instance qui permet aux citoyens de participer et d’éclairer la prise de décision, notamment en matière d’aménagement et de développement de la métropole,
  • La Ville de Montréal mette en place les mécanismes qui rendent plus transparents la réception et le suivi accordé par l’administration montréalaise aux consultations publiques de l’Office, ses analyses et ses recommandations.

2013

01. Le développement du coeur de Montréal et du centre-ville

Considérant l’importance des quartiers centraux et du centre-ville de Montréal, entre le fleuve et le mont Royal, au point de vue de l’histoire, du patrimoine architectural, des milieux de vie et de l’identité urbaine autant que de l’économie de la métropole,

Considérant les pressions immobilières sur ce territoire emblématique, dont la gouvernance est divisée entre plusieurs administrations, et les défis de cohérence et d’interrarrondissementalité qui en découlent pour l’élaboration, l’évaluation et la réalisation de projets – privés comme publics – en fonction de leurs impacts sur l’échelle humaine, sur la viabilité du centre et sur le paysage urbain,

Considérant l’expérience récente et négative des démolitions sur le boulevard Saint-Laurent, l’autorisation de nombreux projets de construction de très grandes tailles ainsi que la modification massive du règlement d’urbanisme de l’arrondissement Ville-Marie suivant un processus conforme aux lois mais inadéquat en termes de consultation pour lui assurer la légitimité compte tenu des enjeux,

Considérant l’intérêt de tirer des enseignements de réalisations marquantes comme la Maison Alcan inaugurée en 1983, le quartier coopératif Milton Parc, l’aménagement du Vieux Port, de l’avenue McGill Collège, du Quartier international et du pôle Place des Arts du Quartier des spectacles, de plusieurs consultations publiques et d’exercices de concertation comme ceux en place dans le Vieux Montréal et sur le mont Royal,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • Le cœur de la métropole comprenant le centre-ville, le Vieux Montréal, le parc Jean-Drapeau, la montagne et les quartiers centraux dont le Quartier Latin, Milton Parc, Square Mile et Griffintown, soit reconnu comme secteur prioritaire de planification montréalaise et métropolitaine pour en maintenir la vitalité et l’échelle humaine et en enrichir le patrimoine et l’aménagement urbain au bénéfice de la communauté;
  • Le cœur de la métropole fasse l’objet d’un exercice spécifique de planification et de consultation publique mettant à contribution les administrations municipales de Montréal et de Westmount ainsi que des arrondissements de Ville-Marie, Plateau-Mont-Royal, Sud-Ouest et Côte-des-Neiges – Notre-Dame-de-Grâce, afin d’améliorer la cohérence des règles d’encadrement du développement et amener la réalisation de projets de qualité dans l’intérêt collectif; par exemple, la mise en valeur des rives du fleuve et du canal, du boulevard Saint-Laurent, de la montagne, de l’axe Guy – Côte-des-Neiges, des rues Sherbrooke et Peel ou de l’avenue des Pins.
  • La gouvernance de ce territoire soit revue pour préciser les obligations des responsables municipaux et locaux envers les valeurs collectives, la promenabilité et la qualité des milieux de vie au centre-ville.

 

02. L’avenir institutionnel patrimonial de Montréal

Considérant l’importance emblématique des édifices et des sites du patrimoine institutionnel religieux, hospitalier et académique dans l’identité de la métropole et de ses quartiers et l’intérêt collectif qu’ils présentent par leur histoire, leur architecture et leur présence dans la société et dans le paysage collectif,

Considérant les défis importants auxquels sont exposées ces propriétés suite aux changements majeurs de vocation qu’elles connaîtront à court ou moyen terme – par exemple, les grands ensembles de l’Hôtel-Dieu de Montréal et du Royal Victoria qui perdront leur usage hospitalier dès 2015 et sont inclus dans le site patrimonial du Mont-Royal déclaré par le gouvernement du Québec – et l’absence d’un processus public et transparent pour orienter et encadrer ces transformations au bénéfice de la collectivité comme l’a déjà souligné Héritage Montréal auprès des autorités gouvernementales et montréalaises,

Considérant l’intérêt de tirer les leçons de réalisations marquantes comme la reconversion du monastère du Bon Pasteur, de formules de partenariats comme celles illustrées à McGill Collège ou au Quartier international ainsi que de stratégies foncières utilisant certains outils comme l’emphytéose, la servitude ou la fiducie,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • Le gouvernement du Québec et les autorités montréalaises collaborent pour mettre en place une formule transparente de partenariat multipartite proactif pour planifier et gérer ces propriétés patrimoniales et leur reconversion dans l’intérêt collectif et le respect de leurs valeurs patrimoniales et emblématiques;
  • Le gouvernement du Québec conserve ces propriétés patrimoniales dans le domaine public en renonçant spécifiquement à des objectifs uniquement financiers liés à d’éventuelles ventes de l’Hôtel-Dieu de Montréal et de l’hôpital Royal Victoria au profit des projets du CHUM et du CUSM, et reconnaisse leur intérêt collectif transcendant en adoptant des mesures afin d’assurer leur mise en valeur et leur réaménagement au bénéfice de l’ensemble de la collectivité montréalaise;
  • Le gouvernement du Québec reconnaisse la nature particulière du patrimoine académique de la métropole et adapte ses programmes de soutien, notamment dans le cadre du règlement de l’entretien différé des campus de l’Université McGill et de l’Université de Montréal, et de la reconversion académique d’éléments du patrimoine institutionnel tel la maison mère des Sœurs Grises ou l’hôpital Royal Victoria.
  • Et invite la population de Montréal à exercer son droit d’initiative établi par la Charte de la Ville pour demander la tenue d’une consultation sur l’avenir de l’ensemble du domaine institutionnel patrimonial montréalais par l’Office de consultation publique de Montréal.

 

03. La qualité architecturale du nouveau pont sur le Saint-Laurent

Considérant les annonces faites par le gouvernement du Canada de la construction d’un nouveau pont sur le Saint-Laurent pour remplacer l’actuel pont Champlain, ce qui constituera le plus grand chantier public au Canada de la décennie,

Considérant la lettre ouverte publiée dans Le Devoir le 6 octobre 2011 à l’initiative d’Héritage Montréal, réunissant les ordres professionnels des architectes, des ingénieurs et des urbanistes ainsi que d’autres acteurs-clés de l’aménagement et du design pour demander un concours préalable au choix des entreprises pour la construction du pont afin de réaliser un « ouvrage d’art » digne de ce nom et une référence reconnue mondialement pour le 21e siècle et,

Considérant les résolutions du Conseil de ville de Montréal et de la Communauté métropolitaine de Montréal demandant la réalisation d’un pont reflétant la reconnaissance de Montréal comme Ville UNESCO de design, notamment par la voie d’un concours international, et l’annonce d’une collaboration entre Transports Canada et la Ville de Montréal pour assurer la prise en compte des questions architecturales et paysagères dans ce projet majeur,

L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que :

  • Les étapes de conception et de réalisation du futur pont soient clairement distinctes et dotées de processus compétitifs distincts afin que ce projet majeur bénéficie du plus haut niveau de compétence en matière de design d’architecture et de génie civil à chaque étape de sa conception, de sa réalisation et de son exploitation;
  • Les autorités fédérales, québécoises, métropolitaines et montréalaises mettent en place un comité indépendant comprenant des experts de réputation internationale et des représentants de la société civile, chargé d’accompagner le projet au cours de sa réalisation pour s’assurer de l’atteinte des objectifs d’excellence en matière de design architectural et structural ainsi que d’insertion dans le paysage;
  • Les autorités municipales sur l’île de Montréal et sur la Rive Sud se dotent d’instruments d’urbanisme cohérents avec l’effort de conception exigé pour le nouveau pont et avec le caractère remarquable du paysage dans lequel il s’inscrira et ce, pour mettre en valeur cet ouvrage d’art, pour assurer sa bonne intégration sur leurs territoires respectifs et pour protéger la qualité des vues et du panoramas à partir de celui-ci.