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Dans la nuit du 18 au 19 mars, quelques mois après sa restauration, la pinte de lait géante de l’ancienne laiterie Guaranteed Pure Milk a été vandalisée à coup de graffitis! Héritage Montréal s’attriste d’un tel acte mais est heureux d’apprendre la détermination des propriétaires qui vont entreprendre rapidement des travaux de peinture pour réparer ce saccage et remettre la Pinte en état. Surveillez la page Sauvonslapinte.com pour de nouvelles photos !
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Pour diffusion immédiate
Pour 2010, nouveau cours portant sur le développement durable !
Montréal le 23 février - Héritage Montréal annonce le retour de sa populaire série de Cours de rénovation résidentielle. La période d’inscription est maintenant ouverte pour cet événement annuel phare dans le monde de la rénovation résidentielle.
Cette année, un nouveau cours portant sur le développement durable s’ajoute à la série régulière. Ce cours dispensé par Ron Rayside, architecte et Emmanuel Cosgrove, évaluateur senior Leed et formateur, permettra aux participants de s’initier aux principes de rénovation et restauration dans le respect du développement durable.
Grâce à des professionnels de l’habitation, comme des architectes ou des ingénieurs, les propriétaires actuels ou futurs pourront apprendre comment choisir les meilleures pratiques d’entretien, de rénovation ou de restauration de leur maison, quel que soit l’âge ou la personnalité architecturale de celle-ci.
Les propriétaires jouent un rôle important pour préserver l’intégration et la beauté du paysage bâti qui fait le charme de nos quartiers. Depuis 1981, les cours d’Héritage Montréal sont appréciés car ils viennent combler un besoin d’information sur les problèmes courants, les causes et solutions propres aux diverses composantes architecturales d’une résidence. Mieux informés, les propriétaires partent plus confiants avant d’investir des frais importants dans leurs travaux.
Au coût de seulement 299 $, la série de huit cours thématiques est offerte en français à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal tous les mardis soirs du 23 mars au 11 mai et en anglais au Collège Dawson les jeudis soirs, du 25 mars au 10 mai. Les cours débutent à 18 h 30 pour se terminer à 21 h. Voici les thématiques qui seront traitées :
• L’architecture des habitations montréalaises à travers son histoire
• Évolution des formes des habitations et des techniques de construction : inspection générale d’une maison
• Gérer un projet de rénovation
• Fondations, structure et murs extérieurs
• Toiture et isolation
• Portes, fenêtres et boiseries extérieures
• Les systèmes mécaniques et électriques d’une maison
• Développement durable
Profitez de l’occasion pour devenir membre! Pour seulement 50$, tous les participants ont la possibilité de devenir membre de la Fondation et bénéficient du tarif réduit des cours à 249$.
Mentionnons également que les membres d’Héritage Montréal profitent d’une réduction additionnelle de 50$ lors d’une inscription en DUO (2 membres).
L’inscription au cours peut se faire par téléphone au (514) 286-2662, poste 26 auprès de Julia Dawson, Coordonnatrice des cours de rénovation ou en ligne au www.heritagemontreal.org
Fondé en 1975, Héritage Montréal est un organisme sans but lucratif dont la mission est la promotion et la protection du patrimoine architectural, historique, naturel et culturel du Grand Montréal, de ses quartiers et de ses communautés. Au cœur d’un vaste réseau de partenaires, Héritage Montréal agit par l’éducation et la représentation pour faire connaître, mettre en valeur et préserver l’identité et les spécificités de Montréal.
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Renseignements :
Julia Dawson
Coordonnatrice – Cours de rénovation
Héritage Montréal
514-286-2662, poste 26
Amélie Renouf
Chef des programmes et activités
Héritage Montréal
514 286-2662, poste 26
Montréal, le 26 octobre 2009. Héritage Montréal et ses partenaires sont fiers de présenter aujourd’hui le fruit de leurs efforts en redonnant aux Montréalais un de leurs emblèmes patrimoniaux - la pinte de lait géante de l’ancienne laiterie Guaranteed Pure Milk! Grâce à la collaboration de la Fédération des producteurs de lait du Québec, des propriétaires de l’édifice et de plusieurs entreprises montréalaises, Héritage Montréal a ainsi mis un frein à l’action des éléments et arrêté la dégradation de cet emblème pour qu’il retrouve sa place dans notre paysage urbain comme dans notre mémoire collective.
Héritage Montréal souhaite faire de ce premier partenariat un nouveau modèle d’affaire visant les sites patrimoniaux en danger. À l’heure actuelle, 10 sites d’intérêt patrimonial identifiés par Héritage Montréal sont menacés de disparition. L’extraordinaire pinte de lait géante Guaranteed Pure Milk est l’un de ces emblèmes et le premier projet réalisé en totalité grâce au soutien de partenaires privés.
Remarquable bâtiment Art Déco et témoin de la présence de l’industrie laitière au cœur de Montréal, la laiterie Guaranteed Pure Milk Limited Co. a été construite en 1930 par les architectes Hutchison, Wood et Miller. Elle est surmontée d’un réservoir d’eau en acier riveté qui reprend la forme d’une pinte de lait si commune à l’époque, une bouteille qui fait, avec sa base, près de 10 mètres de hauteur et pèse 6 tonnes. Faute d’entretien, la pinte a subi l’outrage du temps et des intempéries et peu à peu la rouille a terni son éclat et sa présence, comme l’ont constaté les occupants des tours à bureaux voisines, les usagers du train de banlieue et les habitués du Centre Bell situés à proximité.
« En amorçant le projet de peinture de la pinte de lait géante, Héritage Montréal a lancé le défi à certaines entreprises les plus dynamiques d’ici, d’appuyer notre organisme et, au-delà d’un projet isolé de sauvetage, de participer à une nouvelle forme de développement de Montréal qui tienne compte de sa dimension humaine et de sa créativité», mentionne Robert Turgeon, président d’Héritage Montréal. » Nous profitons de cet événement pour inciter les entreprises et les citoyens de Montréal à appuyer Héritage Montréal dans ses prochains projets de sauvegarde et de mise en valeur de sites menacés ».
Partenaire enthousiaste de ce projet Nicole Dubé, directrice du marketing pour la Fédération des producteurs de lait du Québec, explique «la valeur historique de la pinte de lait est indéniable pour la métropole, et cet emblème est garant d’un passé qui témoigne de l’importance de l’industrie laitière à Montréal. C’est avec joie que nous assistons aujourd’hui au dévoilement de ce symbole unique qui marque l’imaginaire collectif».
Outre la Fédération des producteurs de lait, le projet de peinture a pu compter sur le soutien généreux de plusieurs autres partenaires tels que l’agence publicitaire Sid Lee, AkzoNobel, Trans-Optique (affichage grand format), les échafaudages Du-For et le cabinet Ryan Affaires publiques.
Les citoyens désirant s’impliquer dans la sauvegarde d’autres emblèmes du patrimoine montréalais menacés, peuvent se rendre sur www.heritagemontreal.org. Sur ce site, ils pourront aussi se familiariser avec l’histoire de la pinte et celle des autres emblèmes qu’Héritage Montréal souhaite sauver de l’abandon et de l’oubli tels que les maisons La Fontaine et Redpath, le Planétarium Dow et l’ancien restaurant Art Déco du magasin Eaton – « le 9e » ou encore les escaliers, balcons et corniches de nos quartiers.
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CONTACTS MÉDIAS :
Philippe Roy Debbie Cabana
(514) 874-1939 (514) 443-0706
QUATRE COULEURS : jaune, vert, orange ou rose.
TAILLES : petit, medium, large ou extra-large.
Deux façons de se procurer son T-shirt :
1. Obtenez un T-shirt GRATUITEMENT* en devenant membre d’Héritage Montréal d’ici le 30 novembre 2009. (Membre régulier : 50 $ Membres étudiants/aînés : 25 $).
http://www.heritagemontreal.org/en/devenez-membre/
Ou par téléphone: (514) 286-2662.
2. Achetez-en un au coût de 20$ aux bureaux d’Héritage Montréal, ou commandez-le par téléphone et ajoutez 5$ pour la livraison.
Héritage Montréal est financé à 100% par des gens qui aiment Montréal.
Des gens comme vous !
*Jusqu’à épuisement des stocks.
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Montréal, le 24 septembre 2009. Héritage Montréal passe à l’action pour sauver un symbole sympathique du centre-ville : la pinte de lait géante de l’ancienne laiterie Guaranteed Pure Milk. Fruit d’un partenariat original entre la Fédération des producteurs de lait du Québec et Héritage Montréal et de la collaboration avec les propriétaires, cette initiative assurera la survie de la pinte grâce à une opération d’envergure pour arrêter sa dégradation et ainsi ramener à la mémoire de tous les Montréalais un pan de leur histoire.
Héritage Montréal souhaite faire de ce premier partenariat un nouveau modèle d’affaire visant les sites patrimoniaux en danger. À l’heure actuelle, 10 sites d’intérêt patrimonial identifiés par Héritage Montréal sont menacés de disparition. De plus en plus oubliée et rouillée, l’extraordinaire pinte de lait géante Guaranteed Pure Milk est l’un de ces emblèmes.
Remarquable bâtiment Art Déco et témoin de la présence de l’industrie laitière au cœur de Montréal, la laiterie Guaranteed Pure Milk a été construite en 1930 par les architectes Hutchison, Wood et Miller. Elle est surmontée d’un réservoir d’eau en acier riveté qui reprend la forme d’une pinte de lait et qui fait, avec sa base, près de 10 mètres et pèse 6 tonnes. Par manque d’entretien, la pinte a subi les outrages du temps et des intempéries laissant peu à peu la rouille ternir son éclat, comme peuvent le constater les usagers du train de banlieue et les habitués du Centre Bell situés à proximité.
« Les gens croient, à tort, qu’Héritage Montréal est un organisme subventionné par la ville de Montréal, et dont le rôle central est de commenter les projets de promoteurs. En fait, c’est un organisme citoyen indépendant sans but lucratif, financé par des personnes, des entreprises et des fondations qui aiment Montréal pour contribuer à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine dans l’intérêt du développement de Montréal. Et c’est pour nous permettre de poursuivre le sauvetage des prochains emblèmes du patrimoine montréalais que nous sollicitons l’appui financier du grand public et du secteur privé », explique Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal. « Appuyer Héritage Montréal, c’est contribuer à préserver la qualité de ville dont nous bénéficions et que nous souhaitons laisser en héritage aux générations futures ».
Pour Nicole Dubé, directrice du marketing pour la Fédération des producteurs de lait du Québec, «la pinte rappelle aux plus jeunes que l’industrie laitière fait partie de notre paysage urbain depuis longtemps. Laisser un tel symbole disparaître reviendrait à dire que ce qu’on bâtit aujourd’hui n’aura plus de valeur dans cinquante ans».
Outre la Fédération des producteurs de lait, le projet de peinture peut compter sur le soutien généreux de plusieurs autres partenaires tels que l’agence publicitaire Sid-Lee, AkzoNobel, Transoptique (affichage grand format), les échafaudages Du-For et le cabinet Ryan Affaires publiques.
« En tant que leader canadien du marché des peintures décoratives, nous sommes heureux de contribuer à préserver un symbole industriel de Montréal et de démontrer qu’il y a un besoin pour l’usage de la couleur non seulement dans le domaine du design intérieur, mais aussi dans le cadre de projets architecturaux présents dans l’environnement public et urbain » a déclaré pour sa part Pierre Dufresne, directeur général d’AkzoNobel, Peintures décoratives Canada.
Les citoyens désirant s’impliquer dans la sauvegarde de la pinte et d’autres emblèmes du patrimoine montréalais menacés, peuvent se rendre sur www.sauvonslapinte.com. Sur ce site, ils pourront aussi se familiariser avec l’histoire de la pinte et celle des autres emblèmes qu’Héritage Montréal souhaite sauver de l’abandon et de l’oubli tels que la Maison Redpath, le Planétarium Dow et l’ancien restaurant Art Déco du magasin Eaton – le 9e, ou encore les escaliers, balcons et corniches de Montréal.
Visitez le site www.sauvonslapinte.com
Contact médias :
Philippe Roy
(514) 874-1939

3457, rue du Musée
Construite en 1886 par l’architecte Sir Andrew Taylor, il s’agit d’une des rares maisons d’architecture Queen Anne encore présentes à Montréal, avec ses jeux de brique rouge, ses ardoises, ses multiples pignons et sa haute cheminée.
La maison Redpath témoigne de l’époque faste du Square Mile, partie du centre-ville entre la montagne et l’actuel boulevard René-Lévesque où l’élite du milieu des affaires canadien s’était installée dans de remarquables demeures. Elle a été construite pour John Redpath, riche industriel et promoteur connu pour avoir œuvré à la construction du canal de Lachine et fondé la raffinerie de sucre du même nom. La famille Redpath a été l’une des plus influentes familles montréalaises du XIXe siècle.
En 1986, Héritage Montréal et Sauvons Montréal obtenaient une injonction pour faire arrêter la démolition de cette maison historique. Malgré une entente hors cour conclue entre les parties, la maison et son site sont laissés à l’abandon par un propriétaire qui semble encore caresser des projets de démolition et de construction en hauteur.
Héritage Montréal a eu de multiples rencontres avec le propriétaire et avec les responsables municipaux. En 2002, l’organisme est intervenu devant la Commission d’arbitrage de la Ville de Montréal pour empêcher l’émission d’un permis de démolition. Depuis l’arrêt des travaux, il y a près de 20 ans, Héritage Montréal continue de maintenir l’attention des autorités municipales pour qu’elles veillent au maintien de la maison et à son intégration dans un projet immobilier respectueux du patrimoine et de l’urbanisme du Square Mile. Nous avons également proposé que le site et les vestiges de cette maison soient intégrés à un parcours piéton reliant la montagne à la rue Sherbrooke où le Musée des beaux-arts souhaite aménager un jardin de sculpture dans le cadre de son projet de pavillon d’art canadien.

700, rue Sainte-Catherine Ouest
Le 9e étage de l’ancien magasin Eaton et son restaurant constituent un exemple majeur et remarquablement intègre d’architecture intérieure Art Déco par leur aménagement et leur décor évocateurs des grands paquebots, leurs œuvres d’art et leur mobilier.
Dans la mémoire collective montréalaise, le 9e est un lieu associé à la vie des grands magasins du centre-ville et l’objet d’une légende qui veut qu’il s’agisse d’une réplique de la salle à dîner du paquebot Île-de-France ce que rien n’avère bien qu’il soit vrai que bien des architectes de l’époque s’inspiraient des formes navales, créant ce qu’on appela le style « Paquebot » ou Streamline Modern. Son architecte est le français Jacques Carlu (1890-1976) qui a construit le Palais de Chaillot à Paris et œuvra aux États-Unis ainsi que pour la maison Eaton, à Montréal et Toronto.
La transformation de l’ancien magasin Eaton en centre commercial a entraîné la démolition de la cuisine du restaurant du 9e étage, dont certains équipements anciens ont été sauvegardés et entreposés. Actuellement, ce lieu magnifique est conservé en hibernation par le propriétaire avec l’attention du ministère de la Culture et des Communications. Mais, chaque année qui passe le fait sombrer davantage dans l’oubli ce qui, à moyen terme, peut en menacer sa conservation tout en privant la population d’un lieu emblématique.
À la demande d’Héritage Montréal et à la suite de la faillite du magasin Eaton, le restaurant Art déco du 9e étage a été classé monument historique en 2000 par la ministre de la Culture du Québec, seule autorité apte à protéger de tels intérieurs patrimoniaux. Depuis, Héritage Montréal concentre son action pour maintenir l’attention des autorités et des propriétaires afin que les ressources soient investies pour rendre de nouveau ce patrimoine extraordinaire accessible et vivant.

1174, rue Champlain
Sainte-Brigide de Kildare a été bâtie en 1878-1880 par l’architecte Louis-Gustave Morin dans un vocabulaire néo-roman souvent associé aux œuvres sulpiciennes, notamment la chapelle Notre-Dame de Lourdes construite par les Sulpiciens à la même époque dans le Quartier Latin. Elle jouit d’une reconnaissance patrimoniale supérieure dans l’inventaire des lieux de culte du Québec. Elle forme un ensemble d’intérêt avec son remarquable presbytère et ses œuvres. Son clocher participe d’un ensemble remarquable avec celui de Saint-Pierre Apôtre.
L’église Sainte-Brigide a été construite pour desservir la communauté irlandaise du Faubourg à M’lasse. Sainte-Brigide de Kildare est d’ailleurs la patronne de l’Irlande et les Sulpiciens avaient déjà contribué au début du 19e siècle à la construction d’un orphelinat qui lui était consacré. La présence de cette église illustre les différentes dimensions de la présence de l’église catholique dans les quartiers montréalais, notamment en matière d’animation et de desserte des quartiers ouvriers.
L’église a récemment été vendue et fait l’objet d’un projet élaboré avec la collaboration d’universitaires et d’architectes pour y aménager des logements, des services communautaires et apparemment un petit lieu de culte en découpant la nef pour n’en garder que certains fragments. Comme en témoignent les récentes révélations sur la fermeture des extraordinaires églises du Très Saint-Nom de Jésus et de Saint-Clément de Viauville dans le quartier Maisonneuve, le cas de l’église Sainte-Brigide de Kildare n’est pas isolé et il faudra aborder la question de la conservation, de la conversion et de la transmission de ce patrimoine. Par contre, la menace qui plane est celle de laisser les choses se produire dans une perspective aléatoire mue par ce qui semble être un esprit de laboratoire d’idées et d’explorations architecturales sans engagement clair et préalable envers ce patrimoine et sa sauvegarde véritable.
Depuis une vingtaine d’années, Héritage Montréal rappelle aux autorités montréalaises et québécoises leurs responsabilités envers ce patrimoine et l’importance d’une vue d’ensemble plutôt que d’attendre de traiter la situation, un cas à la fois. En 1990, nous avons obtenu que le Plan d’urbanisme maintienne l’affectation distincte des lieux de culte et des domaines des institutions religieuses plutôt que de les banaliser. Nous avons aussi réalisé un plan stratégique pour les églises du centre-ville qui vivent une réalité particulière du fait des services sociaux qu’elles procurent et participé aux consultations extraordinaires de l’Assemblée nationale sur le patrimoine religieux. Devant l’absence de résultat concret face à la promesse de la Ville de Montréal de se doter d’une stratégie organisée et adéquate sur cette question qui touche au patrimoine identitaire de la métropole et de ses quartiers, l’Assemblée générale d’Héritage Montréal a demandé que la Ville mandate urgemment le Conseil du patrimoine de tenir des consultations pour élaborer cette stratégie montréalaise afin qu’elle soit intégrée au Plan d’urbanisme et aide à prévenir la situation de désarroi et de démolitions qui autrement s’annonce.

Square Viger Ouest (quadrilatère Viger / Berri / Saint-Antoine / Saint-Denis)
Conçu en 1976 et inauguré en 1981, Agora est un aménagement réalisé par l’artiste Charles Daudelin (1920-2001) invité par le ministère des Transports du Québec à la suggestion de l’ingénieur Bernard Lamarre, pour rétablir un espace significatif dans la partie ouest de l’ancien square Viger dévasté par les travaux du Métro puis de l’autoroute Ville-Marie. Cet aménagement a dû composer avec les contraintes de l’autoroute souterraine, notamment ses immuables tours de ventilation. Cet immense toit vert offre une place centrale encadrée de plans d’eau et de gradins et un jeu de structures et d’espaces destinés à accueillir des cafés et boutiques comparables aux places d’Expo 67. Le projet d’origine prévoyait aussi des plantations odoriférantes. Malgré des années de négligence, Agora conserve une grande intégrité architecturale.
Le square Viger est l’un des plus anciens de Montréal, aménagé à partir d’espaces de marché remontant aux années 1810. Outre son prestige dont témoignent les édifices remarquables qui l’entourent – résidences, église, gare, anciennes Hautes Études Commerciales, le square était aussi un lieu d’indigence et d’itinérance dès le 19e siècle. Pour sa part, Agora précède de plusieurs années l’adoption de la politique d’intégration des arts à l’architecture dite du « 1% » et rappelle les efforts et les initiatives en vue d’atténuer le passage des grandes infrastructures de transport en milieu urbain; ici l’autoroute Ville-Marie. Cette œuvre répondait aussi à l’objectif de créer un second pôle d’animation pour décongestionner la place Jacques-Cartier, dans le Vieux Montréal.
Le sentiment de rejet public imposé dès de début au réaménagement du square Viger par des artistes est associé à la contestation de l’autoroute et aux aménagements emmurés d’autres parties du square, coupées de la rue. Ceci prévint le parachèvement de l’aménagement d’origine d’Agora et surtout son animation. L’environnement urbain du square reste ingrat et dominé par la circulation automobile des voies desservant l’autoroute. L’absence d’animation véritable du secteur en ont fait un lieu peu fréquenté, associé à la marginalité et à l’insécurité, deux facteurs qui servent maintenant de prétexte pour justifier l’indifférence des pouvoirs publics ou leur volonté de tout démolir sans même chercher à comprendre le sens de ce lieu qui, en 2009, offre un grand potentiel du fait que ses arbres ont grandi et que les nouvelles générations d’urbains et d’artistes en découvre les qualités. Agora est donc menacée de démolition pour des défauts qu’on lui attribue injustement.
Héritage Montréal a manifesté sa préoccupation devant l’état de cette œuvre et l’indifférence des autorités municipales et provinciales quant à sa mise en valeur. Nous nous sommes exprimés lors des consultations sur le chapitre Ville-Marie du Plan d’urbanisme, sur le projet du CHUM au centre-ville et sur la gestion de l’art public à Montréal. Héritage Montréal a aussi participé aux concertations des milieux artistiques et patrimoniaux préoccupés par le sort d’Agora et aux rencontres avec la Commission des biens culturels du Québec. Une demande de classement a été présentée à la ministre de la Culture que nous avons appuyée afin d’assurer la cohérence des actions de protection des œuvres monumentales de toutes époques.
1830, rue Le Ber
Ce complexe d’ateliers ferroviaires date originellement des années 1850. Bâti par la Grand Trunk Railway Company et et fut reconstruit en bonne partie par le Canadien National dans les années 1920. Malgré certaines pertes, ils forment un ensemble bâti et technologique de grand intérêt par ses grandes halles industrielles et son architecture fonctionnelle rehaussée de détails Art Déco.
Le sol et le site des ateliers portent les vestiges et les traces de plus d’un siècle et demi de constructions, d’ouvrages technologiques et d’activités reliées au monde ferroviaire.
L’origine des ateliers de la Pointe-Saint-Charles est intimement liée à la construction du pont Victoria, un des grands exploits techniques de l’ère victorienne, et au développement du chemin de fer canadien qui a fait de Montréal la plaque tournante du transport et du commerce entre le Canada, les États-Unis et l’Europe. Ils sont des témoins majeurs de la révolution industrielle, avec le canal de Lachine ouvert en 1825 et le pont Victoria inauguré en 1860.
Malgré la volonté du Plan d’urbanisme d’y conserver une vocation de pôle d’emplois compatible avec cet ensemble industriel patrimonial et la tenue d’un exercice participatif par l’Office de consultation publique à ce sujet en 2009, l’avenir de ce site n’est pas assuré après la fermeture des ateliers et l’échec des projets de reconversion en studios de cinéma puis en centre de foires associé au complexe de divertissement au Bassin Peel. Compte tenu des normes environnementales, un projet de développement résidentiel du site pourrait provoquer sa destruction totale, y compris ses composantes archéologiques, lors de sa décontamination. Le 14 novembre 2008, un incendie d’origine incertaine a détruit une partie importante d’une des grandes halles. Actuellement, l’Agence métropolitaine de transport élabore un projet d’atelier de réparation des trains de banlieue sur le site qui maintiendrait la vocation ferroviaire mais, pour des raisons d’efficacité contemporaine, amènerait la reconstruction des ateliers. On risque donc de voir se reproduire un scénario semblable à celui des usines Angus à Rosemont avec la conservation de seulement quelques bâtiments d’un vaste complexe.
Héritage Montréal a participé à diverses consultations publiques sur le sujet et rencontré les autorités de l’arrondissement et les dirigeants de l’Agence métropolitaine de transport pour les sensibiliser aux enjeux patrimoniaux. L’organisme poursuit ses interventions pour que les ateliers soient inclus dans le lieu historique national que le gouvernement fédéral désire réaliser autour du canal de Lachine pour commémorer l’industrialisation du Canada. Héritage Montréal continue d’insister auprès des autorités municipales pour qu’elles assument leur responsabilité en veillant à ce que le patrimoine de ce site soit conservé et mis en valeur, peu importe le projet de développement du site.

1395, rue Overdale
Construite dans les années 1830, la maison La Fontaine présente, malgré certaines modifications, un exemple rare de l’architecture néo-classique en pierre des grandes villas du quartier Saint-Antoine. Son dégagement des rues voisines témoigne également de son cadre original alors qu’elle était sise dans un grand jardin.
La maison a servi de résidence à l’un des personnages politiques les plus importants du XIXe siècle, Louis-Hippolyte La Fontaine qui fut premier Ministre des Canadas Unis et l’un des acteurs-clés de la construction des institutions démocratiques au pays. À ce titre, cette résidence fut la cible d’une attaque en avril 1849 par les émeutiers qui avaient incendié le Parlement situé sur l’actuelle place d’Youville, pour marquer leur opposition à l’adoption de la loi pour compenser l’ensemble des victimes de la Rébellion de 1837-38.
Sauvée de la démolition par l’intervention d’Héritage Montréal il y a 20 ans, la maison a fait l’objet d’une reconstruction intérieure mais elle demeure vide et abandonnée depuis plus de 15 ans. Son propriétaire n’a pas manifesté de signes d’intérêt quant à une utilisation adéquate et compatible avec sa nature patrimoniale.
En 1987, Héritage Montréal a convaincu la Ville de Montréal d’attribuer à la maison le statut de monument historique cité ce qui a permis d’en empêcher la démolition. En 2005, Héritage Montréal a adressé au ministre fédéral de l’Environnement une demande à l’effet de voir le gouvernement canadien s’engager dans l’acquisition et la transformation de cette maison historique en un lieu consacré à la commémoration et à l’explication de ces événements historiques qui sont à l’origine du parlementarisme canadien. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a fait preuve d’une indifférence regrettable mais Héritage Montréal, de concert avec d’autres organismes et citoyens, entend maintenir l’attention sur ce dossier.

Quadrilatère René-Lévesque / de Bleury / Viger / Beaver Hall
Le secteur de Paper Hill constitue un ensemble urbain et patrimonial d’un grand intérêt tant par la diversité des périodes qu’il réunit que par la qualité des édifices qui en témoignent. Il s’est développé de part et d’autre de la rue de La Gauchetière en tirant parti de la topographie. Construite selon les plans du père jésuite Félix Martin, la basilique Saint-Patrick est ainsi placée en hauteur et orientée de façon à donner aux Irlandais de Montréal, une présence symbolique sur le prestigieux square Victoria en contrebas d’où son clocher est bien visible depuis son inauguration en 1847. D’autre part, le secteur compte de nombreux édifices industriels de grand intérêt pour leur architecture comme pour leur usage du béton comme le Unity Building, (1912) dessiné par l’architecte D. Jerome Spence. Tout comme la basilique, il est classé monument historique et, en plus, bénéficie d’une aire de protection qui assure la protection de son environnement immédiat par la ministre de la Culture du Québec.
La présence de la basilique Saint-Patrick est un témoin puissant des efforts de la communauté irlandaise pour gagner son droit de cité dans le Montréal du début du 19e siècle et de l’aide qu’elle a reçue des communautés catholiques en cela; par exemple, ce sont les Sulpiciens qui leur ont offert le terrain. D’autre part, la désignation populaire « Paper Hill » rappelle la présence de nombreux imprimeurs et papetiers installés pendant longtemps dans les robustes bâtiments construits au début du 20e siècle. Elle s’inscrit dans la tradition des surnoms des quartiers de Montréal, jadis attribués en fonction de vocations ou de communautés particulières qu’ils regroupaient; par exemple, l’ancien quartier de la fourrure autour de Saint James United qui est avec Paper Hill, l’un des endroits les plus intéressants du centre-ville.
Longtemps négligé, Paper Hill a bénéficié d’importants investissements récemment qui ont permis la reconversion heureuse de plusieurs anciens édifices industriels, donnant lieu à des projets primés comme celui du Unity 1 et 2. Toutefois, certains projets à l’étude démontrent un appétit excessif et menacent l’intégrité et l’échelle de cet ensemble patrimonial remarquable. Des constructions banalisantes et des rehaussements massifs ont ainsi été autorisés par la Ville de Montréal dont les règlements semblent insensibles à la valeur patrimoniale du secteur. Récemment, on apprenait qu’un promoteur a obtenu l’accord de la Ville pour démolir plusieurs édifices patrimoniaux et construire une tour résidentielle et commerciale de 34 étages qui écraserait et occulterait les deux monuments emblématiques que sont le Unity et la basilique Saint-Patrick en obstruant la vue symbolique qui unit l’église au square. Paper Hill est donc menacé de disparition par l’appétit fiscal et l’insouciance des autorités municipales.
Héritage Montréal a demandé à la ministre de la Culture du Québec, Mme Christine Saint-Pierre, d’intervenir d’urgence en refusant le projet de tour de 34 étages. Outre la perte de bâtiments patrimoniaux comme l’ancienne imprimerie de la Gazette, cette tour affecterait grandement la présence symbolique de la basilique Saint-Patrick et du Unity Building, deux monuments historiques dont la ministre est garante du maintien de l’intégrité et de la protection des abords. Nous avons également informé le Maire et le Conseil du patrimoine de Montréal de cette démarche en appelant leur intervention.

La New City Gas
Quadrilatère Ottawa / Dalhousie / Wellington / Ann
Comme plusieurs ensembles du patrimoine industriel ici ou ailleurs dans le monde, le complexe de la New City Gas Company of Montreal a été bâti en plusieurs phases par une diversité d’ingénieurs, d’entrepreneurs et d’architectes. L’ensemble de la New City Gas a été bâti entre 1859 et 1861 selon les plans de l’architecte montréalais John Ostell (1813-1862), l’un des plus importants du 19e siècle, qui fut aussi administrateur puis président de la compagnie après avoir été un des actionnaires de la Montreal Gas Light Company fondée en 1836. Malgré la perte de certaines parties de bâtiment, notamment pour permettre le passage de la voie ferrée surélevée du Canadien National dans les années 1920, le complexe de la New City Gas conserve une grande intégrité. Ses grandes toitures et ses maçonneries de pierre sont aussi d’une forte puissance évocatrice et présence dans le paysage urbain tel qu’on le perçoit depuis le quartier environnant de Griffintown ou en empruntant l’autoroute ou le train.
La New City Gas a été bâtie à l’époque où Montréal commence à vivre une phase particulière de son industrialisation – la révolution de la lumière alors que l’éclairage public et particulier se généralise grâce à la production et la distribution du gaz dans les quartiers, permettant ainsi aux lieux de travail de produire davantage. C’est un des témoins majeurs de cette révolution et, du fait de la généalogie complexe des compagnies de gaz devenues compagnies d’électricité, le lieu ancestral d’Hydro Québec.
Dans le cadre de son intéressant projet de rabaissement de l’autoroute Bonaventure, la Société du Havre mise sur pied par la Ville de Montréal propose de renvoyer en bloc le flux massif des autobus reliant la Rive Sud au centre-ville sur la petite rue Dalhousie qui longe la New City Gas et s’arrête actuellement aux voies ferrées du Canadien National. Cette proposition amènerait quelques 1400 passages d’autobus chaque jour et le percement d’un long et coûteux tunnel sous les voies ferrées. D’une part, le percement du tunnel comporte des risques majeurs pour l’intégrité et la solidité du bâti patrimonial. D’autre part, le flux massif d’autobus risque d’hypothéquer sérieusement tout projet de revitalisation de la New City Gas.
En 1987, Héritage Montréal a demandé à la Ville de Montréal de citer la New City Gas comme monument historique pour assurer sa protection et contribuer à sa mise en valeur. En 2007, nous sommes intervenus directement auprès du promoteur Devimco pour que ce complexe soit reconnu, préservé et revitalisé respectueusement dans le cadre du projet (excessif) du quartier Griffintown. En 2009, Héritage Montréal a interpelé la Ville de Montréal et la Société du Havre pour leur rappeler l’importance de ce complexe patrimonial exceptionnel et leur demander de retirer la proposition de concentrer les 1400 passages d’autobus sur la rue Dalhousie. Nous avons également rencontré les dirigeants de l’Agence métropolitaine de transport et obtenu l’assurance de leur réserve quant au projet de corridor d’autobus. Héritage Montréal est aussi en lien avec le propriétaire du site et avec les citoyens et organismes du secteur, eux aussi fort préoccupés par la proposition de corridor intense de transport en commun, apparemment élaborée en vase clos sans égards aux impacts qu’elle aurait sur la revitalisation actuelle de ce quartier.

1000, rue Saint-Jacques Ouest
Le Planétarium de Montréal a été inauguré en 1966. Son architecture est moderne et intéressante par le jeu des volumes, notamment dans la forme tronquée du toit qui révèle la présence de la salle sphérique ou dans les modules qui surgissent des façades et suggèrent un édifice qui se détache du sol. Cependant, l’élément architectural le plus remarquable demeure la salle sphérique dont la forme est unique à Montréal, en faisant un lieu au potentiel exceptionnel, par exemple en matière de création artistique contemporaine. Enfin, le Planétarium est situé à proximité de l’ancien Square Chaboillez qui est occupé en bonne partie par les bretelles d’accès à l’autoroute Ville-Marie et il joue donc un rôle important d’écran pour la rue Peel, un axe qui relie la montagne au fleuve.
Le Planétarium de Montréal est le premier planétarium public au Canada. De plus, sa création, suite à un don majeur de la brasserie Dow voisine, apporte un témoigne supplémentaire sur la préoccupation pour la science et sa popularisation dans la société montréalaise de l’époque d’Expo 67.
Justifié pour des raisons pratiques et le besoin de moderniser le Planétarium, le projet de la Ville de Montréal de regrouper ses institutions scientifiques (Muséums Nature) près du Jardin botanique entraînera la perte de l’usage premier de ce lieu et pourrait servir de prétexte à sa démolition. Cela priverait Montréal, une ville que l’UNESCO vient de reconnaître du titre prestigieux de Ville créative et ville de design, d’un équipement exceptionnel qui pourrait contribuer à la revitalisation culturelle de ce secteur du centre-ville, à proximité du centre des affaires, de l’École de technologie supérieure et de la Cité du multimédia.
Compte tenu du caractère unique de cet équipement et de son potentiel d’utilisation créative, Héritage Montréal a entrepris de sensibiliser les responsables politiques ainsi que les directions de Muséums Nature et de l’École de technologie supérieure à la nécessité d’assurer la préservation et l’utilisation de cette salle advenant une relocalisation du Planétarium.

1025, rue Lucien-L’Allier
La laiterie de la Guaranteed Pure Milk Co. est un remarquable édifice industriel Art Déco, construit en 1930-32 selon les plans des architectes Hutchison, Wood & Miller à qui l’on doit nombre d’édifices marquants du centre-ville et du Vieux Montréal. Elle est surmontée d’un réservoir d’eau en forme de pinte de lait géante en acier riveté d’une hauteur de près de dix mètres, construit par la Dominion Bridge de Lachine. La pinte de lait est un emblème presque poétique du centre-ville, un élément d’architecture naïve qui contraste avec les éléments plus monumentaux environnant.
La laiterie Guaranteed Pure Milk et sa pinte de lait témoignent de la présence passée des industries agro-alimentaires au cœur de la métropole et du mode traditionnel de livraison du lait. La présence cette activité industrielle témoigne aussi de la transformation de cette partie du centre-ville, un ancien quartier de villas puis de maisons en terrasse victoriennes, après la construction de la desserte ferroviaire de la gare Windsor à la fin du 19e siècle.
Fermée dans les années 1990 et devenu un lieu de tournage de films ou de séries pour la télévision qui ont tiré partie de son décor intérieur d’époque, l’ancienne laiterie a un avenir incertain avec l’arrivée de la Cité du commerce électronique dont la Ville de Montréal a accepté l’agrandissement éventuel en ne conservant que la façade Art Déco. Quant à sa pinte de lait, elle pourrait devoir être déménagée mais, pour le moment, elle souffre surtout de la rouille qui affecte son intégrité physique comme structure métallique autant que la perception qu’en ont les Montréalais.
Après la fermeture de la laiterie, Héritage Montréal a collaboré étroitement avec la Chambre de commerce pour amener les promoteurs de la Cité du commerce électronique à y intégrer les bâtiments patrimoniaux de la Guaranteed Pure Milk et l’ancienne usine de Bell Canada juste à côté, dans leur projet. La Ville de Montréal a adopté un règlement pour un projet qui conserverait certains éléments de ces édifices mais une solution permanente pour mettre la pinte de lait en valeur reste à identifier. En 2009, Héritage Montréal a participé aux réflexions de la Fonderie Darling, un centre d’art contemporain, sur le sujet. Surtout, avec les propriétaires et des partenaires privés, Héritage Montréal a mené une opération de peinture réussie pour freiner la dégradation de la pinte et sa disparition du paysage et de la mémoire collective. Repeinte avec ses inscriptions d’origine, la pinte a été dévoilée le 26 octobre.
La laiterie de la Guaranteed Pure Milk Co. est un remarquable édifice industriel Art Déco, construit en 1930-32 selon les plans des architectes Hutchison, Wood & Miller à qui l’on doit nombre d’édifices marquants du centre-ville et du Vieux Montréal. Elle est surmontée d’un réservoir d’eau en forme de pinte de lait géante en acier riveté d’une hauteur de près de dix mètres, construit par la Dominion Bridge de Lachine. La pinte de lait est un emblème presque poétique du centre-ville, un élément d’architecture naïve qui contraste avec les éléments plus monumentaux environnant.
La laiterie Guaranteed Pure Milk et sa pinte de lait témoignent de la présence passée des industries agro-alimentaires au cœur de la métropole et du mode traditionnel de livraison du lait. La présence cette activité industrielle témoigne aussi de la transformation de cette partie du centre-ville, un ancien quartier de villas puis de maisons en terrasse victoriennes, après la construction de la desserte ferroviaire de la gare Windsor à la fin du 19e siècle.
Fermée dans les années 1990 et devenu un lieu de tournage de films ou de séries pour la télévision qui ont tiré partie de son décor intérieur d’époque, l’ancienne laiterie a un avenir incertain avec l’arrivée de la Cité du commerce électronique dont la Ville de Montréal a accepté l’agrandissement éventuel en ne conservant que la façade Art Déco. Quant à sa pinte de lait, elle pourrait devoir être déménagée mais, pour le moment, elle souffre surtout de la rouille qui affecte son intégrité physique comme structure métallique autant que la perception qu’en ont les Montréalais.
Dans les années 1990, Héritage Montréal à travaillé avec la Chambre de Commerce pour faire que le projet de Cité du commerce électronique soit plus sensible à son environnement urbain et moins coûteux en patrimoine. Nous avons éveillé les élus à l’importance de sauvegarder la pinte de lait et contribué aux réflexions du centre d’art contemporain de la Fonderie Darling pour trouver un lieu d’accueil permanent de la pinte advenant son déménagement. En attendant, Héritage Montréal a entrepris de réunir les propriétaires et des partenaires privés pour sauvegarder et repeindre la pinte de lait pour en arrêter la dégradation et l’effacement de la mémoire collective.