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Square Viger Ouest (quadrilatère Viger / Berri / Saint-Antoine / Saint-Denis)
Conçu en 1976 et inauguré en 1981, Agora est un aménagement réalisé par l’artiste Charles Daudelin (1920-2001) invité par le ministère des Transports du Québec à la suggestion de l’ingénieur Bernard Lamarre, pour rétablir un espace significatif dans la partie ouest de l’ancien square Viger dévasté par les travaux du Métro puis de l’autoroute Ville-Marie. Cet aménagement a dû composer avec les contraintes de l’autoroute souterraine, notamment ses immuables tours de ventilation. Cet immense toit vert offre une place centrale encadrée de plans d’eau et de gradins et un jeu de structures et d’espaces destinés à accueillir des cafés et boutiques comparables aux places d’Expo 67. Le projet d’origine prévoyait aussi des plantations odoriférantes. Malgré des années de négligence, Agora conserve une grande intégrité architecturale.
Le square Viger est l’un des plus anciens de Montréal, aménagé à partir d’espaces de marché remontant aux années 1810. Outre son prestige dont témoignent les édifices remarquables qui l’entourent – résidences, église, gare, anciennes Hautes Études Commerciales, le square était aussi un lieu d’indigence et d’itinérance dès le 19e siècle. Pour sa part, Agora précède de plusieurs années l’adoption de la politique d’intégration des arts à l’architecture dite du « 1% » et rappelle les efforts et les initiatives en vue d’atténuer le passage des grandes infrastructures de transport en milieu urbain; ici l’autoroute Ville-Marie. Cette œuvre répondait aussi à l’objectif de créer un second pôle d’animation pour décongestionner la place Jacques-Cartier, dans le Vieux Montréal.
Le sentiment de rejet public imposé dès de début au réaménagement du square Viger par des artistes est associé à la contestation de l’autoroute et aux aménagements emmurés d’autres parties du square, coupées de la rue. Ceci prévint le parachèvement de l’aménagement d’origine d’Agora et surtout son animation. L’environnement urbain du square reste ingrat et dominé par la circulation automobile des voies desservant l’autoroute. L’absence d’animation véritable du secteur en ont fait un lieu peu fréquenté, associé à la marginalité et à l’insécurité, deux facteurs qui servent maintenant de prétexte pour justifier l’indifférence des pouvoirs publics ou leur volonté de tout démolir sans même chercher à comprendre le sens de ce lieu qui, en 2009, offre un grand potentiel du fait que ses arbres ont grandi et que les nouvelles générations d’urbains et d’artistes en découvre les qualités. Agora est donc menacée de démolition pour des défauts qu’on lui attribue injustement.
Héritage Montréal a manifesté sa préoccupation devant l’état de cette œuvre et l’indifférence des autorités municipales et provinciales quant à sa mise en valeur. Nous nous sommes exprimés lors des consultations sur le chapitre Ville-Marie du Plan d’urbanisme, sur le projet du CHUM au centre-ville et sur la gestion de l’art public à Montréal. Héritage Montréal a aussi participé aux concertations des milieux artistiques et patrimoniaux préoccupés par le sort d’Agora et aux rencontres avec la Commission des biens culturels du Québec. Une demande de classement a été présentée à la ministre de la Culture que nous avons appuyée afin d’assurer la cohérence des actions de protection des œuvres monumentales de toutes époques.
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