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Édifice Wilder

1435-59, rue de Bleury

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La valeur architecturale

Ce bâtiment commercial d’influence néo-classique a été construit en 1918 selon les plans de l’architecte Charles R. Tetley, formé en Angleterre et conseiller architectural des villes de Westmount et d’Outremont durant de nombreuses années. Sa façade de onze étages reprend une composition classique tripartite avec une base, un corps et un couronnement, constitué dans ce cas d’une colonnade en calcaire. À la fin des années 1950, la façade des trois premiers étages a été modifiée pour intégrer un petit bâtiment voisin, formant le basilaire en mur rideau et marbre vert antique actuel. Les autres étages ont conservé leur architecture d’origine, tout comme les murs latéraux de style fonctionnaliste. Comme de nombreux édifices commerciaux et industriels construits à l’époque dans ce secteur très actif du centre-ville, le Wilder a une charpente en béton armé, matériau de choix pour des bâtiments qui devaient accueillir des machines lourdes.

La valeur paysagère

Face au remarquable cinéma Impérial, construit en 1916, désigné monument historique par le gouvernement du Québec en 2001 et restauré en 2004, le Wilder fait partie du paysage urbain de la rue de Bleury, une des rares voies de communication directe entre les deux territoires emblématiques que sont le Vieux-Montréal et le mont Royal. Son couronnement à colonnade constitue un repère visuel intéressant dans la perspective de la rue de Bleury, en contrebas de la rue Sherbrooke.

La valeur historique

L’édifice porte le nom de son premier propriétaire, le fabricant et commerçant de meubles montréalais H. A. Wilder, dont les compagnies successives ont joué un rôle important dans le développement de ce qui porte aujourd’hui le nom d’îlot Balmoral. Le Wilder appartient à un ensemble d’édifices commerciaux et industriels construits dans les années 1910 et 1920 autour de l’église Saint-Patrick (secteur Paper Hill), près du carrefour des rues Sainte-Catherine et de Bleury et autour de l’église St. James United (quartier de la fourrure). Ces bâtiments témoignent de la mutation du centre-ville de Montréal à l’époque de la Première Guerre mondiale, qui s’imposa une certaine austérité, ce qu’illustre bien l’architecture de cet édifice.

La menace

Depuis quelques années, l’édifice Wilder appartient à la Société immobilière du Québec, une agence du gouvernement provincial, qui l’a privé de ses occupants et de maintien, ce qui a entraîné sa dégradation, notamment à l’intérieur. Le Wilder n’a toutefois pas perdu de son intérêt en tant que partie du paysage urbain de la rue de Bleury, face au cinéma Impérial, ni comme ressource importante pour accueillir des ateliers et organismes artistiques dans le cadre du projet du Quartier des spectacles. L’absence d’engagement ferme du gouvernement du Québec à assurer sa conservation et sa reconversion à des fins culturelles et l’emmaillotage récent du mur arrière contribuent à créer un climat d’incertitude quant au sort du Wilder. On craint sa démolition pour faire place à des projets d’équipements artistiques, en contradiction avec les principes de développement durable promus par le gouvernement du Québec.

Les actions de Héritage Montréal

Insistant sur la nécessité que le gouvernement du Québec fasse preuve de cohérence en matière de patrimoine et de développement durable, Héritage Montréal a communiqué sa préoccupation quant au sort du Wilder directement aux autorités du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, responsable de coordonner les actions du gouvernement dans la création du Quartier des spectacles et le redéploiement d’organismes culturels aux abords de la Place des Arts. D’autre part, nous sommes intervenus en séance publique de consultation, tenue par l’arrondissement Ville-Marie au sujet du programme particulier d’urbanisme (PPU) du Quartier des spectacles, pour insister pour que le Wilder soit reconnu comme un édifice patrimonial à protéger, comme ce fut le cas pour plusieurs autres bâtiments de cet îlot dont l’édifice Blumenthal qui logera une maison du jazz.

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