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1174, rue Champlain
Sainte-Brigide de Kildare a été bâtie en 1878-1880 par l’architecte Louis-Gustave Morin dans un vocabulaire néo-roman souvent associé aux œuvres sulpiciennes, notamment la chapelle Notre-Dame de Lourdes construite par les Sulpiciens à la même époque dans le Quartier Latin. Elle jouit d’une reconnaissance patrimoniale supérieure dans l’inventaire des lieux de culte du Québec. Elle forme un ensemble d’intérêt avec son remarquable presbytère et ses œuvres. Son clocher participe d’un ensemble remarquable avec celui de Saint-Pierre Apôtre.
L’église Sainte-Brigide a été construite pour desservir la communauté irlandaise du Faubourg à M’lasse. Sainte-Brigide de Kildare est d’ailleurs la patronne de l’Irlande et les Sulpiciens avaient déjà contribué au début du 19e siècle à la construction d’un orphelinat qui lui était consacré. La présence de cette église illustre les différentes dimensions de la présence de l’église catholique dans les quartiers montréalais, notamment en matière d’animation et de desserte des quartiers ouvriers.
L’église a récemment été vendue et fait l’objet d’un projet élaboré avec la collaboration d’universitaires et d’architectes pour y aménager des logements, des services communautaires et apparemment un petit lieu de culte en découpant la nef pour n’en garder que certains fragments. Comme en témoignent les récentes révélations sur la fermeture des extraordinaires églises du Très Saint-Nom de Jésus et de Saint-Clément de Viauville dans le quartier Maisonneuve, le cas de l’église Sainte-Brigide de Kildare n’est pas isolé et il faudra aborder la question de la conservation, de la conversion et de la transmission de ce patrimoine. Par contre, la menace qui plane est celle de laisser les choses se produire dans une perspective aléatoire mue par ce qui semble être un esprit de laboratoire d’idées et d’explorations architecturales sans engagement clair et préalable envers ce patrimoine et sa sauvegarde véritable.
Depuis une vingtaine d’années, Héritage Montréal rappelle aux autorités montréalaises et québécoises leurs responsabilités envers ce patrimoine et l’importance d’une vue d’ensemble plutôt que d’attendre de traiter la situation, un cas à la fois. En 1990, nous avons obtenu que le Plan d’urbanisme maintienne l’affectation distincte des lieux de culte et des domaines des institutions religieuses plutôt que de les banaliser. Nous avons aussi réalisé un plan stratégique pour les églises du centre-ville qui vivent une réalité particulière du fait des services sociaux qu’elles procurent et participé aux consultations extraordinaires de l’Assemblée nationale sur le patrimoine religieux. Devant l’absence de résultat concret face à la promesse de la Ville de Montréal de se doter d’une stratégie organisée et adéquate sur cette question qui touche au patrimoine identitaire de la métropole et de ses quartiers, l’Assemblée générale d’Héritage Montréal a demandé que la Ville mandate urgemment le Conseil du patrimoine de tenir des consultations pour élaborer cette stratégie montréalaise afin qu’elle soit intégrée au Plan d’urbanisme et aide à prévenir la situation de désarroi et de démolitions qui autrement s’annonce.
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