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Quadrilatère René-Lévesque / de Bleury / Viger / Beaver Hall
Le secteur de Paper Hill constitue un ensemble urbain et patrimonial d’un grand intérêt tant par la diversité des périodes qu’il réunit que par la qualité des édifices qui en témoignent. Il s’est développé de part et d’autre de la rue de La Gauchetière en tirant parti de la topographie. Construite selon les plans du père jésuite Félix Martin, la basilique Saint-Patrick est ainsi placée en hauteur et orientée de façon à donner aux Irlandais de Montréal, une présence symbolique sur le prestigieux square Victoria en contrebas d’où son clocher est bien visible depuis son inauguration en 1847. D’autre part, le secteur compte de nombreux édifices industriels de grand intérêt pour leur architecture comme pour leur usage du béton comme le Unity Building, (1912) dessiné par l’architecte D. Jerome Spence. Tout comme la basilique, il est classé monument historique et, en plus, bénéficie d’une aire de protection qui assure la protection de son environnement immédiat par la ministre de la Culture du Québec.
La présence de la basilique Saint-Patrick est un témoin puissant des efforts de la communauté irlandaise pour gagner son droit de cité dans le Montréal du début du 19e siècle et de l’aide qu’elle a reçue des communautés catholiques en cela; par exemple, ce sont les Sulpiciens qui leur ont offert le terrain. D’autre part, la désignation populaire « Paper Hill » rappelle la présence de nombreux imprimeurs et papetiers installés pendant longtemps dans les robustes bâtiments construits au début du 20e siècle. Elle s’inscrit dans la tradition des surnoms des quartiers de Montréal, jadis attribués en fonction de vocations ou de communautés particulières qu’ils regroupaient; par exemple, l’ancien quartier de la fourrure autour de Saint James United qui est avec Paper Hill, l’un des endroits les plus intéressants du centre-ville.
Longtemps négligé, Paper Hill a bénéficié d’importants investissements récemment qui ont permis la reconversion heureuse de plusieurs anciens édifices industriels, donnant lieu à des projets primés comme celui du Unity 1 et 2. Toutefois, certains projets à l’étude démontrent un appétit excessif et menacent l’intégrité et l’échelle de cet ensemble patrimonial remarquable. Des constructions banalisantes et des rehaussements massifs ont ainsi été autorisés par la Ville de Montréal dont les règlements semblent insensibles à la valeur patrimoniale du secteur. Récemment, on apprenait qu’un promoteur a obtenu l’accord de la Ville pour démolir plusieurs édifices patrimoniaux et construire une tour résidentielle et commerciale de 34 étages qui écraserait et occulterait les deux monuments emblématiques que sont le Unity et la basilique Saint-Patrick en obstruant la vue symbolique qui unit l’église au square. Paper Hill est donc menacé de disparition par l’appétit fiscal et l’insouciance des autorités municipales.
Héritage Montréal a demandé à la ministre de la Culture du Québec, Mme Christine Saint-Pierre, d’intervenir d’urgence en refusant le projet de tour de 34 étages. Outre la perte de bâtiments patrimoniaux comme l’ancienne imprimerie de la Gazette, cette tour affecterait grandement la présence symbolique de la basilique Saint-Patrick et du Unity Building, deux monuments historiques dont la ministre est garante du maintien de l’intégrité et de la protection des abords. Nous avons également informé le Maire et le Conseil du patrimoine de Montréal de cette démarche en appelant leur intervention.
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