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Prix Orange et Citron 2006 de Sauvons Montréal - Oranges et Citrons pour Montréal, ville de design UNESCO

(Sommaire des prix Orange et Citron de Sauvons Montréal pour 2006 )

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 15 décembre 2006 – Ce matin, Sauvons Montréal dévoile sa récolte 2006 de Prix Orange et Citron, 32 ans après l’attribution du premier Prix Citron à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie face au square Saint-Louis. Les Prix Orange remontent à 1982 et le jury 2006 est bien heureux de constater que cet agrume est bien présent dans la récolte de cette année.

Alors que nous sommes réunis dans cette ancienne église St. Thomas Aquinas devenue Saint-Henri, aujourd’hui reconvertie avec talent en hôtel de ventes, la présidente du Conseil du trésor et la ministre de la Culture, Mmes Monique Jérôme-Forget et Line Beauchamp, font une annonce sur le mythique projet de la Salle de l’OSM dont on se rappellera qu’il remonte à 1984 soit 10 ans après le premier Prix Citron. Pour une organisation citoyenne comme Sauvons Montréal, il est Intéressant de saisir l’occasion de ces prix pour mettre ainsi l’actualité en perspective. Et en matière d’interventions sur la ville, cela est d’autant plus important que ces interventions – lorsqu’elles se matérialisent ce que l’on espère voir un jour se produire avec la Salle de l’OSM – marquent la ville pour longtemps amenant une exigence de pertinence, de qualité et de durabilité que n’ont pas toujours les discours et les annonces.

L’année 2006 aura été marquée par plusieurs événements et par l’espoir d’une mise en œuvre véritable et convaincante d’outils novateurs et prometteurs comme la Politique du patrimoine (Prix Orange 2005) ou le travail de la Table de concertation du Mont-Royal pour l’établissement d’un vrai régime de protection et de mise en valeur de la montagne. Parmi les événements les plus étonnants de l’année figure la déclaration de Montréal ville de design UNESCO » quant le directeur général de cette agence de l’ONU nous a personnellement béni de sa présence pour remettre ce titre prestigieux mais aussi, ne l’oublions pas, exigeant. Cette préoccupation pour le design amène le jury à dénoncer deux tentations faciles qui commencent à coûter à Montréal et ses quartiers, une partie croissante de leur qualité urbain.

1. La tentation de revenir à une époque malheureuse où la conservation du patrimoine architectural se réduisait à des compromis décoratifs, plutôt pathétiques comme le façadisme, le cornichisme et d’autres formes de fragmentisme;

2. La tentation des institutions publiques de justifier par leurs ambitions, une insensibilité au paysage et à l’environnement urbains diurnes et nocturnes, en concevant leur projet sans grand souci pour la capacité du milieu où ils s’insèrent;

3. La tentation de projets publics de remplacer une intelligence environnementale authentique par un pointage d’indulgence environnementale LEED qui sert trop souvent à vanter des bâtiments plus soucieux de l’environnement global que local

4. La tentation des autorités publiques de mettre leurs intérêts à court terme ou une certaine indifférence au dessus de leur responsabilité d’agir en véritables protecteurs du patrimoine et de l’environnement et d’appuyer les efforts en ce sens.

Pourtant, on voit de nombreux gestes exemplaires – spectaculaires ou modestes – qui démontrent qu’il est bel et bien possible de conserver le patrimoine en lui donnant un nouvel usage compatible et ainsi contribuer au développement durable dans le respect de l’authenticité D’autres exemples démontrent que des propriétaires, investisseurs et architectes peuvent imaginer et réaliser des solutions créatives pour réconcilier la conservation du patrimoine, l’amélioration du paysage urbain et les préoccupations environnementales ou économiques en aidant à valoriser les quartiers plutôt qu’à y créer des trous noirs qui appauvrissent notre ville par une architecture ou un aménagement médiocres, voire stérilisant.

L’an dernier, le jury de Sauvons Montréal soulignait le geste remarquable du désenclavement de l’église St. James United, rue Sainte-Catherine. Aujourd’hui, la façade ciselée de l’église a été restaurée et le parvis s’aménage. C’est un acte merveilleux dont on souhaite le succès pour qu’il en inspire d’autres tout comme le jury 2006 est heureux de constater l’apport croissant des artistes dans la dynamique des lieux publics avec l’action de Dare Dare au square Viger et maintenant dans le Mile End et les opérations de l’ATSA sur le boulevard Saint-Laurent (dont on attend de voir le résultat du réaménagement) et dans leurs « États d’urgence ».

Le jury 2006 tient à souligner le départ attristant de deux personnes qui ont grandement contribué à la connaissance, la reconnaissance, la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique de la métropole. Bruce Trigger était associé à l’Université McGill. Claire Mousseau, pour sa part, était l’archéologue municipale de Montréal et l’on souhaite vivement que l’œuvre géante qu’elle laisse sera poursuivie par la Ville pour assurer la conservation de cette importante dimension de ce patrimoine qui porte la mémoire de notre ville et contribue à la rendre si fascinante.

L’existence de politiques et de réalisations novatrices matière de développement urbain durable, de patrimoine ou d’aménagement auxquelles s’ajoutent une exigence citoyenne et une reconnaissance internationale de Montréal comme ville de design UNESCO et mettent la barre haute. Il faut exiger des projets, notamment ceux que mijotent les institutions d’enseignement ou de santé ainsi que les municipalités, qu’ils soient exemplaires et qu’ils inspirent la fierté des populations qu’ils desservent et représentent. Il faut aussi contrôler, voire éliminer des pratiques d’indulgence comme le façadisme ou l’invocation superficielle de l’environnement pour se donner un vrai devoir d’excellence avec les moyens qu’il faut pour l’accomplir.

Enfin, le jury 2006 demande aux autorités municipales et gouvernementales à intervenir avec fermeté pour que les promoteurs privés et les institutions publiques qui développent un appétit vorace qui menacent des secteurs très importants comme Griffintown et le square Chaboillez, les abords du Vieux Montréal et de la rue Saint-Denis, les flancs du mont Royal et l’environnement du Carmel de Montréal, justement classé monument historique par la ministre de la Culture et des Communication, Line Beauchamp. L’avenir de repères patrimoniaux comme l’enseigne Five Roses, la pinte de lait géante ou le restaurant Ben’s nous préoccupent aussi et nous invitons la Ville de Montréal et son responsable du patrimoine et maire de Ville-Marie, Benoit Labonté, à mettre des solutions concrètes de l’avant à leur sujet pour le bénéfice de l’ensemble des montréalais.

Le jury 2006
Dinu Bumbaru, directeur des politiques d’Héritage Montréal
Claudine Déom, professeur adjoint, École d’architecture, Université de Montréal
Jean-François Hallé, consultant en patrimoine
Alan Hustak, journaliste
Philippe Lupien, designer urbain, professeur invité en design de l’environnement, UQÀM
Juliette Patterson, architecte paysagiste
Note : Cécile Grenier, préside Sauvons Montréal et coordonne l’événement annuel des Prix.

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Pour renseignements : Cécile Grenier 514 847-1559
Dinu Bumbaru 514 286-2662 #24



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