Considérant les positions et les résolutions antérieures d’Héritage Montréal sur le développement urbain, le patrimoine et les changements climatiques, les travaux des Communes sur les bâtiments historiques et l’environnement ainsi que les recommandations publiées en 2022 par le GIEC et le Comité consultatif sur les changements climatiques du Québec qui soulignent le rôle du bâti existant dans la lutte contre le changement climatique,
Considérant l’importance du patrimoine bâti comme élément distinctif du cadre de vie, porteur d’identité locale, régionale ou nationale, comme composante majeure de notre environnement (la Ville de Montréal estime à 70 000 le nombre minimal d’immeubles d’intérêt patrimonial sur son territoire), et sa valeur environnementale compte tenu des ressources immenses investies dans sa construction,
Considérant les efforts consentis par les générations précédentes dans l’entretien, la rénovation et la réutilisation du patrimoine bâti, ce qui a assuré sa pérennité physique, sa reconnaissance sociale ainsi que sa contribution au bilan carbone montréalais en limitant le recours à la démolition et à de nouvelles constructions, coûteuses en territoire et en ressources,
L’assemblée générale annuelle d’Héritage Montréal reconnait le besoin d’accélérer la transition d’un développement immobilier centré sur la construction neuve qui impose souvent le fardeau de la preuve sur le patrimoine, vers un urbanisme responsable de valorisation, de consolidation, d’amélioration et de requalification du territoire déjà urbanisé et du bâti existant, notamment sa composante patrimoniale, et demande que les autorités montréalaises, métropolitaines, québécoises et canadiennes
- Reconnaissent le patrimoine bâti comme un actif stratégique pour leurs objectifs de développement durable et de lutte au changement climatique, et voient à dissiper les préjugés ou perceptions d’opposition entre patrimoine et transition écologique ;
- L’intègrent par des volets spécifiques dans leurs politiques, plans, programmes, stratégies immobilières, règlements ou normes énergétiques, notamment la Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire pour le Québec et la stratégie nationale d’adaptation du Canada ;
- Mettent en œuvre des mesures réglementaires, fiscales et éducatives reflétant les valeurs du patrimoine bâti ainsi que des mécanismes de suivi fondés sur la science et sur la participation citoyenne ;
- La Ville de Montréal complète sa stratégie de transition écologique par un volet sur le patrimoine bâti, doté d’expertise et d’une mise en œuvre adéquates, notamment par l’aide aux propriétaires, la fiscalité incitative et l’adaptation des normes et règlements pour faciliter les projets de maintien et d’adaptation de ce patrimoine ;
- Les politiques, les interventions et les dépenses faites au nom de la transition écologique et de la lutte au changement climatique, notamment en termes de transport et de densification, fassent l’objet d’évaluation de leurs impacts sur le patrimoine bâti.