Considérant certains cas problématiques de la dernière année dont ceux des vestiges de l’ancien village des tanneries à Saint-Henri, exhumés méthodiquement puis détruits pour le projet gouvernemental de réfection de l’échangeur Turcot, de la maison Mount Stephen, bien patrimonial classé gravement endommagé lors de travaux pourtant autorisés, de la Maison Alcan qu’un projet de densification allait dépouiller de sa valeur d’ensemble avant-gardiste, du parc Rutherford dans le site patrimonial du Mont Royal où un terrain multisport éclairé sera réalisé par l’arrondissement de Ville-Marie avec des fonds du gouvernement du Québec et de l’Université McGill, et de la Montreal Works à Ahuntsic, édifice du patrimoine industriel de la Seconde Guerre mondiale que la Ville de Montréal a acquis pour le démolir et utiliser son site, Considérant le nombre croissant de bâtiments ou de sites patrimoniaux de propriété publique ou privée, perçus par la population ou révélés par les médias comme vulnérables du fait de l’insensibilité apparente au patrimoine des décisions qui les affectent, dont leur mise en vente inconditionnelle et de l’application strictement procédurale du cadre réglementaire, Considérant que le régime actuel de gestion et de gouvernance du patrimoine repose trop souvent sur une approche limitée, généralement réactive, coercitive, voire méfiante à l’égard des propriétaires, alors qu’elle gagnerait à être davantage proactive, dynamique, partenariale et préventive, centrée sur l’amélioration de l’état du patrimoine par son entretien, sa conservation, sa protection sécuritaire, sa mise en valeur et, lorsque nécessaire, sa réaffectation, Considérant le besoin urgent de cohérence, d’harmonisation et de modernisation intelligente du cadre d’action en patrimoine, tant pour rendre sa protection plus efficace que pour assurer sa mise en valeur et sa revitalisation, et les opportunités que représentent à cette fin, les principes de la loi québécoise du développement durable (2006), les démarches actuelles de mise à jour de la politique culturelle de 1992 par le gouvernement du Québec et de la politique du patrimoine de 2005 par la Ville de Montréal, ainsi que la réforme attendue de la loi sur l’aménagement et l’urbanisme ou l’adoption d’une loi sur la métropole, L’Assemblée générale d’Héritage Montréal demande que
- Le gouvernement et les instances métropolitaines et municipales, notamment la Ville et l’agglomération de Montréal, soient dotés d’un mécanisme transparent et intelligent de suivi de l’état du patrimoine; par exemple, sous forme d’un bilan ou rapport annuel avec indicateurs qualitatifs et quantitatifs de suivi – un « Indice Patrimoine », produit par une instance compétente, indépendante et non partisane comme le Conseil du patrimoine ou un Commissaire au patrimoine culturel, chargée de formuler des recommandations,
- Ces mécanismes soient intégrés aux politiques et plans d’action du Québec, de Montréal et des villes de la région métropolitaine, en matière de culture et de patrimoine ainsi qu’au cadre législatif actuel ou futur, notamment sur le patrimoine, sur l’aménagement et l’urbanisme et sur le statut de métropole, y compris la Charte de la Ville de Montréal.
Et offre à cette fin aux instances gouvernementales, montréalaises et métropolitaines, la collaboration d’Héritage Montréal à cette fin.