Considérant
L’histoire particulière de Montréal qui devient une métropole moderne et cosmopolite dans le contexte de la révolution industrielle, de la transformation de sa société aux XIXe et XXe siècles, de ses liens avec d’autres métropoles et des mouvements ailleurs dans le monde, qui a accueilli des événements marquants comme Expo 67 et les Jeux olympiques et qui a été, comme d’autres régions du Québec, le creuset de la Révolution tranquille avec ses innovations programmatiques, formelles et technologiques;
Le patrimoine architectural, urbain et paysager de cette époque récente, avec ses multiples composantes civiles, privées ou institutionnelles – ses édifices et espaces publics, ses ensembles résidentiels ou commerciaux, ses grands ouvrages d’art en génie civil, tout comme des œuvres d’art intégrées résultant d’une étroite collaboration entre artistes, architectes et ingénieurs – par exemple, dans le métro ou dans certains lieux de culte, qui matérialisent et interprètent dans notre contexte montréalais, les éléments d’un mouvement d’envergure internationale, souvent avec de remarquables innovations,
Les défis particuliers de ce patrimoine dont le manque de connaissance, de reconnaissance, d’affection populaire, d’inventaire et de protection légale relativement aux biens plus anciens et plus rares des époques précédentes; les défis de conservation souvent liés à l’obsolescence de leur usage, la dégradation des matériaux ou des composantes architecturales, extérieures ou intérieures; ou encore les défis liés aux valeurs esthétiques et techniques de ce patrimoine, notamment en ce qui a trait aux normes techniques, environnementales ou sanitaires relatives à l’enveloppe architecturale ou aux matériaux,
L’assemblée générale annuelle d’Héritage Montréal
- Réitère les préoccupations exprimées à l’Assemblée nationale face à l’article 120 de la Loi sur le patrimoine culturel, qui oblige les municipalités à dresser un inventaire des immeubles datant d’avant 1940 et rend facultatif l’inventaire du patrimoine plus récent, et demande que cette obligation soit étendue aux périodes plus récentes et qu’elle repose sur une durée minimale à partir de l’époque actuelle; par exemple, 50 ans,
- Demande que Montréal, la Communauté métropolitaine et le Québec se dotent d’un plan d’action spécifique pour la reconnaissance, la protection, y compris par l’attribution de statuts légaux, et la mise en valeur du patrimoine de l’ère moderne, qui
- Couvre notamment sans s’y limiter, les réalisations significatives de la modernisation depuis le XIXe en architecture, en urbanisme, en architecture du paysage, en génie civil, les œuvres d’art intégrées ainsi que les projets collectifs,
- Encourage le développement et la transmission des connaissances théoriques et techniques, de l’histoire orale et de la recherche relative à la conservation des matériaux et systèmes constructifs, notamment le béton architectural et les façades rideau, ainsi que sur la requalification des bâtiments et ensembles patrimoniaux de cette époque.