Résolution nº 2 2020 Lecture · 3 min

Attendu que la pandémie de COVID-19 et la déclaration d’urgence sanitaire par les gouvernements et les autorités municipales ont durement touché la région métropolitaine de Montréal, sa population comme ses quartiers, notamment leurs espaces publics, leurs artères commerciales et les autres lieux du quotidien qui forment un patrimoine vivant, marquant pour l’identité du territoire comme pour la qualité de vie ;

Considérant que cette crise et les mesures de relance économique qui sont attendues pourraient, faute d’encadrement et d’une attention consciente au patrimoine et à la qualité architecturale, mener à des démolitions de bâtiments patrimoniaux, notamment vacants, et à de nouvelles constructions qui les remplacent ou qui s’insèrent dans un milieu bâti sans y contribuer par leur qualité, voire en l’appauvrissant ;

Rappelant que la fondation de Montréal est intimement liée à celle de l’Hôtel-Dieu et qu’au cours des générations, le patrimoine montréalais s’est enrichi de constructions et d’espaces publics réalisés en réponse à des crises majeures, qu’elles soient économiques, sanitaires ou sociales ;

Considérant le besoin de réfléchir aux changements à apporter à l’aménagement et aux pratiques quotidiennes de la ville, autant qu’à la disponibilité d’espace en cas de crise à la lumière d’exemples comme ceux de l’utilisation temporaire de certains bâtiments désaffectés de l’Hôtel-Dieu et de l’ancien hôpital Royal Victoria ou encore les initiatives citoyennes d’entraide dans les quartiers ;

Considérant enfin l’opportunité que représentent les projets et les chantiers de restauration, de résorption de l’entretien différé et de mise en valeur du patrimoine immobilier pour la relance économique comme l’ont déjà reconnu plusieurs pays dont la France qui en a fait un des quatre piliers de sa relance en 2008,

Héritage Montréal demande que

  1. Les règles sanitaires et les mesures d’adaptation du bâti émises par les autorités tiennent compte des qualités, des caractéristiques et de l’intégrité du patrimoine qu’elles visent ;
  2. Le patrimoine immobilier soit reconnu comme un des axes principaux des plans et des programmes d’investissement de relance économique, et que ceux-ci soient accompagnés de critères et d’expertise pour réduire les impacts négatifs des dépenses publiques sur le patrimoine ;
  3. La Ville de Montréal, ses arrondissements et les autres municipalités de la région métropolitaine mettent en place des stratégies spécifiques, incluant des aides financières, des mesures fiscales et des usages transitoires de locaux vacants, pour assurer la survie et le rétablissement des artères commerciales ainsi que des lieux communautaires et culturels, de manière solidaire et sensible ;
  4. La Ville de Montréal et d’autres propriétaires publics collaborent pour constituer une réserve immobilière de bâtiments et d’espaces en cas de crise ;
  5. La Ville de Montréal intègre ces considérations dans la mise à jour très attendue de son plan d’urbanisme au niveau de la vision de cohérence comme des orientations et des mesures concrètes.

Et offre sa collaboration à cette fin.