Le 50e anniversaire des Jeux de la XXIe Olympiade est l’occasion de souligner l’histoire et les aventures humaines, en premier lieu celles des athlètes et de leurs succès, personnels ou en équipe. C’est aussi l’occasion de renouer avec un legs architectural majeur, principalement à Montréal, qu’on a longtemps négligé, voire voulu oublier.
Outre les nouvelles constructions comme l’emblématique Parc olympique à Maisonneuve, le bassin olympique, le centre Claude-Robillard ou le village des athlètes, les Jeux ont habité Montréal, ses quartiers et au-delà. Pensons à l’ancien Forum, temple légendaire du hockey au centre-ville, où Nadia Comăneci a triomphé, aux stades des universités de Montréal et McGill, au mont Royal, au parcours du marathon, épreuve mythique, ou encore à l’extension du métro, dotée, comme à la station Pie-IX, d’œuvres d’art remarquables. Pensons aussi à la rue Sherbrooke, marquée par l’exposition Corridart, démantelée brutalement.
Alors que Munich et l’Allemagne cheminent vers une nomination du formidable Olympiapark au patrimoine mondial de l’UNESCO, notre Parc olympique vient tout juste d’être désigné comme lieu historique, et les Jeux olympiques de 1976, comme événement historique. Après l’inclusion d’une responsabilité en matière de patrimoine dans la loi créant la Société de développement du Parc olympique — adoptée en pleine pandémie —, cette désignation est un bon signe et un appel à faire mieux.
Grâce aux activités publiques comme celles d’Héritage Montréal, aux réflexions ainsi qu’aux actions de Michel Labrecque et de son équipe des installations olympiques, le regard sur ce patrimoine a évolué pour le mieux. Mais sa reconnaissance officielle en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, recommandée en 2012 dans le rapport Bissonnette et lors d’un atelier international d’experts organisé en 2016 par Héritage Montréal et ses partenaires, s’est longtemps fait attendre. On se souviendra aussi que des citoyens ont jadis déposé une demande de classement du Village olympique.
Héritage Montréal salue cette désignation et demande qu’elle s’accompagne de la création officielle d’un comité consultatif en patrimoine. Le 50e anniversaire des JO de Montréal est enfin l’occasion de reconnaître ce patrimoine afin de garder vivants, outre la mémoire des Jeux, ces lieux remarquables. Beau défi en vue du 75e !