Ce 4 août 2026 marque le 325e anniversaire d’un des traités réunissant le plus grand nombre de Nations avant la création des institutions internationales contemporaines — la Grande Paix de Montréal. Fruit de longues négociations menées sur un vaste territoire qu’on parcourant surtout en canot qui ont mis en lumière l’importance de la diplomatie et, sûrement, le rôle des interprètes, cette Grande Paix a eu des conséquences marquantes sur l’Amérique du Nord et sur Montréal que les recherches et les débats en histoire nous aident à comprendre.
Quoiqu’elle n’ait pas bénéficié d’une commémoration marquante par le passé, la Grande Paix est inscrite dans la toponymie montréalaise et porte plusieurs désignations fédérales. Sur le mont Royal, le belvédère devant le grand chalet du Mont-Royal, honore le chef Kondiaronk, cet artisan clé de la Grande Paix, depuis 1997, et la Place de la Grande-Paix, nommée en 2001, longe le musée de Pointe-à-Callière où, depuis 1992, les signatures du traité sont gravées dans la pierre.
En mai 2017, à la Place d’Armes lors du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, avait rappelé que le site de Montréal portait, bien avant l’arrivée des Européens et les événements modernes comme Expo 67 et les Jeux olympiques que le gouvernement du Québec a inscrits au Répertoire du patrimoine culturel, un destin de métropole et de ville internationale.
L’anniversaire de la Grande Paix aujourd’hui appelle à voir cette dimension autochtone longtemps oubliée de Montréal. Comme on a su le faire en modifiant le drapeau de Montréal en 2017 ou, suite à des découvertes archéologiques, avec le parcours de la rue Peel inauguré en 2024, voir, comprendre, expliquer et actualiser cette dimension offre aussi l’occasion d’enrichir le patrimoine bâti, urbain et artistique de notre ville et ses quartiers. Un nouveau regard sur Montréal…
Nous vous invitons à prolonger la refléxion en visitant l’exposition permanente Voix autochtones d’aujourd’hui : savoir, trauma, résilience au Musée McCord Stewart, ainsi que la présentation consacrée au 325e anniversaire de la Grande Paix de Montréal à Pointe-à-Callière, où le seul exemplaire connu du traité de 1701 est exceptionnellement exposé, pour la première fois depuis 25 ans, jusqu’au 20 septembre 2026.