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25 juin 2026

Suite aux alertes reçues début 2026, Héritage Montréal a cherché à comprendre comment le remarquable intérieur de l’ancienne Banque d’épargne de la cité et du district de Montréal, angle Sainte-Catherine et McGill College, avait été entièrement détruit pour installer un magasin de vêtements de sport. Nous avons rencontré les responsables de l’arrondissement Ville-Marie ainsi que le directeur de l’immobilier au Canada pour cette chaîne commerciale internationale.

La perte de cet intérieur patrimonial nous est d’autant plus incompréhensible que, depuis les années 1990, la Ville de Montréal nous avait assurés qu’il était pris en compte comme condition de l’accord de développement autorisant la tour à bureaux érigée en partie au-dessus de cette ancienne banque. L’intérieur avait d’ailleurs été soigneusement restauré et adapté au fil des ans pour accommoder de nouveaux usages commerciaux.

La Ville (arrondissement de Ville-Marie) nous a diligemment rencontrés et répondu que le projet de nouvelle boutique avait été autorisé selon les règles en vigueur, et ce, sans trouver trace d’obligations de conservation promises dans les années 1990. Quant au client, il nous dit n’avoir eu aucune indication d’un quelconque enjeu patrimonial lié à cet intérieur des années 1920, tant de la part des courtiers avec qui il a fait affaire que de ses architectes.

D’une part, cette destruction illustre combien il faut aller au-delà des promesses vagues pour la prise en compte et la protection du patrimoine, tout particulièrement les intérieurs commerciaux, et se doter de principes de précautions sinon de règles. D’autre part, elle démontre qu’il subsiste, même chez des professionnels œuvrant au sein d’équipes réputées, une ignorance ou une indifférence face aux intérieurs patrimoniaux, peut-être même un aveuglement volontaire au profit de normes corporatives ou de designs à la mode qui pourraient se réaliser un peu n’importe où.

En 2011, l’Assemblée nationale accordait aux municipalités certains pouvoirs en matière de protection est intérieurs patrimoniaux, répondant à des souhaits que la Ville de Montréal avait exprimés dès 1987. Hormis un rare cas à Westmount, ces pouvoirs restent largement ignorés, notamment par la Ville de Montréal. À quelques pas du 9e de chez Eaton, intérieur sauvegardé et brillamment réhabilité, la démolition intérieure du 777 Sainte-Catherine Ouest ne doit pas rester sans conséquence.

Héritage Montréal demande donc à la Ville de Montréal de mandater son Conseil du patrimoine pour faire un bilan de ce cas particulier et pour identifier des mesures efficaces pour prévenir d’autres destructions semblables, assurer la prise en compte des intérieurs patrimoniaux dans l’élaboration et l’évaluation de projets et en favoriser le maintien, la mise en valeur et la requalification.