Face à la menace pressante que représente le manque d’entretien puisqu’il mène à la dégradation et à la démolition, souvent par négligence, de bâtiments et de sites d’intérêt patrimonial, social ou environnemental,
Considérant le peu de reconnaissance de l’importance pour la conservation du patrimoine de l’entretien et des savoir-faire traditionnels associés, malgré les références internationales dont la Charte de Venise (1964) à laquelle le Québec a adhéré en 1992, et les Normes et lignes directrices pour la conservation des lieux patrimoniaux au Canada (2010) que le Québec a corédigées;
Considérant que des lacunes dans la sensibilisation et la formation des professionnels, des propriétaires, des gestionnaires et des donneurs d’ouvrage, notamment dans le secteur public, ainsi que dans l’industrie de la construction et du paysagement contribuent aussi à l’indifférence face à l’entretien;
Considérant que la désaffectation des bâtiments, des ensembles et des sites patrimoniaux amplifie les risques liés au manque d’entretien, et
Considérant que l’entretien constitue un investissement plutôt qu’une dépense compte tenu des pertes et des coûts qu’il prévient,
L’assemblée générale d’Héritage Montréal demande que les gouvernements, les municipalités et les organismes publics :
- veillent à l’entretien du patrimoine bâti et aménagé, en particulier des biens dont ils sont propriétaires, gardiens et gestionnaires;
- implantent des programmes de formation professionnelle, de sensibilisation, de transmission des savoir-faire et d’éducation des propriétaires et des gestionnaires privés, publics, communautaires et parapublics;
- adoptent des mesures incitatives, de soutien et d’accélération de l’entretien régulier (fiscalité, subvention, simplification procédurale, accompagnement technique);
- assurent le développement, l’application et la diffusion d’outils coercitifs comme le règlement 23-016 sur l’occupation et l’entretien, adopté par la Ville de Montréal suite à la modification de la loi sur le patrimoine culturel, et
- constituent, en collaboration avec les milieux universitaires et professionnels et avec la société civile, un observatoire du patrimoine bâti et aménagé qui en documente l’état, les défis, les actions entreprises et leurs résultats, notamment en termes d’entretien.